Rhum AOC Martinique

L’histoire de l’AOC Martinique

C’est au cours du XIXème siècle qu’est né le rhum agricole, un rhum de pur jus de canne dont la Martinique est l’une des plus fières représentantes… Lire plus

L’histoire de l’AOC Martinique

C’est au cours du XIXème siècle qu’est né le rhum agricole, un rhum de pur jus de canne dont la Martinique est l’une des plus fières représentantes. Subissant la concurrence du sucre de betterave, les planteurs de canne se sont concentrés sur le rhum, sans passer par l’étape du raffinage du sucre, et donc de la mélasse. Ils ont amélioré leurs méthodes avec le temps, puis imposé ce qui est aujourd’hui devenu une exception française, et un style à part entière… Lire plus

L’histoire de l’AOC Martinique

C’est au cours du XIXème siècle qu’est né le rhum agricole, un rhum de pur jus de canne dont la Martinique est l’une des plus fières représentantes. Subissant la concurrence du sucre de betterave, les planteurs de canne se sont concentrés sur le rhum, sans passer par l’étape du raffinage du sucre, et donc de la mélasse. Ils ont amélioré leurs méthodes avec le temps, puis imposé ce qui est aujourd’hui devenu une exception française, et un style à part entière.

En 1972, l’Association Professionnelle des Producteurs-Embouteilleurs de Rhum Agricole de la Martinique (APPERAM) a entamé un travail visant à faire reconnaître la spécificité de leur travail. Cela a rapidement débouché sur un Label Rouge, une distinction bien connue dans l’hexagone. Mais l’ambition des martiniquais était bel et bien de se hisser au niveau des plus grands produits agricoles français, et d’obtenir une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC).

Cette AOC, en plus de l’accession à un prestige certain, allait permettre au rhum de Martinique de définir précisément son identité. Il s’agissait aussi de préserver les méthodes qui conduisent à sa qualité indiscutable. Ainsi, le consommateur pourrait sans crainte se tourner vers un rhum labellisé, et retrouver à coup sûr un style et une exigence qualitative constante.

Dans les années 1980, les « grands anciens » du rhum Martiniquais, que sont par exemple Jean-Pierre Bourdillon (La Mauny / Trois Rivières), Jean Bally, André Depaz, Jean Neisson et Jean-Claude Benoît (Saint James), ont milité et travaillé avec l’INAO pour la mise en place de cette AOC. Ce fut chose faite en 1996, année de publication du décret « AOC Rhum Martinique ».

Les grandes lignes de l’AOC Martinique

Les rhums de l’AOC Martinique doivent répondre à un cahier des charges très précis. Celui-ci couvre toute l’identité du rhum agricole de Martinique, depuis les faits historiques qui ont mené à ce qu’il est aujourd’hui, jusqu’aux termes d’étiquetage des bouteilles.

Caractéristiques du rhum

Les premiers chapitres du cahier des charges insistent tout d’abord sur les caractéristiques techniques du rhum. On sait alors qu’il doit titrer à au moins 40 % d’alcool et que sa quantité de congénères aromatiques doit être d’au moins 225 grammes par hectolitre d’alcool pur.

Mais surtout, on y décrit les propriétés organoleptiques souhaitées, c’est-à-dire les arômes et les saveurs que l’on doit y retrouver. Ceci est détaillé en fonction de ce que le rhum est blanc, élevé-sous-bois, ou vieux. Avant d’être labellisé, chaque rhum doit passer devant un jury de dégustation, qui détermine si le style AOC est respecté.

On s’attache ensuite à décrire ce qui distingue globalement ce rhum des autres produits de sa catégorie, avant d’entrer dans des détails plus précis :

Zone géographique

L’AOC Martinique s’attache bien entendu à un territoire. Celui-ci est défini pour la plantation de la canne, mais aussi pour toutes opérations qui suivent. Il faut donc comprendre qu’un rhum doit être fermenté, distillé, mais aussi vieilli en Martinique.

Les parcelles de canne reconnues par l’AOC sont reprises sur une carte. On estime que chacune d’entre-elles est à même de refléter le style et le terroir martiniquais. La diversité des micro-terroirs est néanmoins assurée, car l’île recèle de nombreux climats et sols différents.

Méthodes d’obtention du jus de canne

Les techniques et les traditions qui permettent d’obtenir un rhum agricole typiquement martiniquais ont été précisément consignées. Cela commence avec l’irrigation de la canne, sa période de récolte, et les limites de rendement des parcelles.

Le pressage du jus de canne est lui aussi réglementé, et ses propriétés physiques et chimiques sont encadrées. Cela permet d’une part d’avoir un jus de qualité, et d’autre part qu’il se prête à la distillation en colonne.

La fermentation

La fermentation doit être discontinue et en cuve ouverte, ce qui permet d’accepter l’apport de levures et bactéries indigènes. Les cuves doivent cependant être en inox, et ne doivent pas dépasser la capacité de 500 hectolitres, pour pouvoir en contrepartie étroitement contrôler cette fermentation. Sa durée est limitée à 120 heures mais aucun minimum n’est indiqué, ce qui laisse place à une grande diversité. On estime enfin que le vesou fermenté ne doit pas dépasser les 7,5 % d’alcool.

La distillation

Seules les colonnes de distillation sont employées pour le rhum AOC Martinique. C’est donc un mode de distillation continu qui est retenu, et qui exclut les alambics à repasse. Le taux d’alcool à l’issue de la distillation doit se situer entre 65 et 75 %.

L’élevage

Les rhums blancs bénéficient au minium d’un repos de 6 semaines, et les rhums élevés-sous-bois, de 12 mois. Pour ces derniers, seul le chêne est autorisé.

Les rhums vieux peuvent porter cette mention à partir de 3 années de maturation. Ici aussi, seul le bois de chêne est utilisé, et les fûts doivent être d’une capacité inférieure à 650 litres. Quant-aux rhums millésimés, leur vieillissement doit être d’au moins 6 ans.

Mise en bouteille et étiquetage

Avant d’être embouteillé, un rhum vieux peut être coloré à l’aide de caramel afin d’ajuster sa couleur. Cependant, le taux d’obscuration qui en résulte est limité à 2 %. Cela signifie que la mesure du taux d’alcool peut-être faussée de 2 %, en raison de l’extraction du bois et de l’ajout de caramel.

Les rhums vieux de 3 ans peuvent comporter la mention VO.

La mention VSOP s’adresse quant-à elle aux rhums d’au moins 4 ans. On peut aussi parler de Réserve Spéciale, Cuvée Spéciale ou Très Vieux.

Pour les rhums de 6 ans et plus, il existe de nombreuses appellations : Extra Vieux, Grande Réserve, Hors d’Age et XO. Lire moins

Marques
Régions
Catégories
Prix
Âge
Millésime
Contenance
Packaging
Profil
Particularité