Clément Single Cask Canne Bleue 2005 8 ans fût 20100198 41,6°

Format

,

Contenance

50 cl

Degré

41.6

Âge

++

Packaging

Étui

Profil

Bois, Épices douces, Fruits, Minéral, Sec

Genre

Rhum, Rhum pur jus de canne, Rhum AOC Martinique

Particularité

Single cask

Millésime

2005

Bouteille :

Rupture définitive

Échantillon 5 cl :

Rupture définitive

Clément Single Cask Canne Bleue 2005 8 ans fût 20100198 41,6° : Description et avis clients

Plusieurs particularités font du Clément Single Cask un rhum à part chez Clément :
1) En premier lieu, il est distillé à partir d’une seule variété appelée canne bleue, réputée pour son potentiel aromatique et sa grande concentration en sucre.
2) Ensuite, cette cuvée a bénéficié d’un vieillissement de huit ans dans le chai du domaine. C’est une durée particulièrement longue puisque pour avoir l’appellation XO (extra old) il faut 6 ans de vieillissement.
3) Enfin, chaque bouteille numérotée est issue d’un seul fût conditionné sans filtration ni réduction. Chaque fût apporte sa touche personnelle. Il s’agit ici du fût n°20100198 qui a permis de réaliser 507 bouteilles. Mis en vieillissement en octobre 2005, le rhum a été soutiré du fût en juin 2014.

La note de dégustation de Nico

C’est un fruité intense qui saisit le nez. Les fruits sont tour à tour très mûrs voire passés (ananas) ou acides (passion). Des fruits rouges comme la cerise et la framboise apportent de la délicatesse à ce panier fruitier. Un petit nuage de cannelle et les fruits sont de retour, plus frais cette fois. La mangue se détache, arrosée de jus d’ananas et de melon bien mûr. C’est un nez très gourmand, d’autant qu’un boisé épicé et fondu lui sert maintenant d’écrin.
Cette nouvelle phase amorcée par le bois annonce l’arrivée de la canne, reine de la fête. En retour, elle met en valeur ce bois qui rajeunit et devient plus blanc, plus brut. Il libère à son tour des épices et ce qui semble être sa résine. Les fruits rouges ne veulent pas se faire oublier et rappellent leur présence (cassis, myrtille, mûre). Tous ces arômes se succèdent et reviennent comme dans une ronde. Les agrumes, clémentine et orange en l’occurrence, viennent compléter cette belle palette.

La bouche est beaucoup plus simple et droite que ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Le bouquet d’arômes y est fondu. Le boisé est toujours épicé, poivré. On a du zeste d’orange, des fruits exotiques fermentés, de la confiture. Il se dégage une impression de minéralité car cette bouche est nette, tendue.

En finale on est heureux de pouvoir apprécier le boisé fondu qui reste seul, on passe un long moment avec lui.

« Comme Panoramix au sujet de Cléopâtre, je dirais : quel nez… »

Clément

L’histoire du rhum Clément

Avant l’habitation Clément, il y avait l’habitation Acajou, fondée en 1700. Comme beaucoup d’habitations sucrières, Acajou fait faillite suite à la crise du sucre de 1884. Saisie puis mise aux enchères, ses 131 hectares, son habitation et ses installations sont vendues à un certain Docteur Homère Clément. Cet homme politique, maire du François, est le premier homme noir à acquérir une propriété de cette importance en Martinique.

Il partagera son temps entre son mandat de député et la culture de la canne, jusqu’en 1917, où il reconstruit l’ancienne distillerie de l’habitation Acajou. Il y promeut alors le rhum agricole, encore concurrent du rhum industriel.

À sa mort en 1922, c’est son fils Charles qui hérite de l’habitation et y relance une petite sucrerie. Mais il va surtout se concentrer sur la distillerie, la moderniser et améliorer ses rendements. En 1930, la marque Acajou est créée. Elle fait alors figure d’exception en embouteillant soi-même ses rhums. À cette époque, la grande majorité du rhum produit était plutôt envoyé en vrac aux négociants de métropole. Elle alors sera parmi les premières à exporter son rhum en métropole.

Charles Clément achète l’habitation Moneroy en 1932 et agrandit ainsi son domaine agricole d’une centaine d’hectares supplémentaires. En 1938, la distillerie est détruite par un incendie. Une fois reconstruite, elle multiplie sa capacité de production par cinq, et devient la plus performante de l’île.

Le tournant de l'après guerre

Après la deuxième guerre mondiale, le rhum Acajou devient rhum Clément. Les fils de Charles Clément le diffusent largement au-delà de la Martinique, et l’un d’eux développe même une filiale à Bordeaux.

La mort de Charles survient en 1973, et avec elle, difficultés financières et différends familiaux. Le groupe Cointreau prend la gérance de l’entreprise mais ne parvient pas à redresser la barre. Elle est ainsi vendue au groupe Hayot en 1986.

Les colonnes à distiller cessent de couler sur l’habitation en 1988, et sont envoyées au Simon. Le chai, en revanche, est toujours présent (il est ouvert à la visite en 1989), ainsi que les opérations de réduction, brassage, vieillissement et mise en bouteille. En plus de ses rhums vieux et millésimés, Clément diversifie son offre avec ses punchs et son shrubb.

L’AOC Martinique est enregistrée en 1996. Clément se dote de nouveaux chais, et crée une fondation artistique vouée à valoriser l’art des Caraïbes. C’est au même moment que l’habitation est classée monument historique.

La production du rhum Clément

La récolte de la canne à sucre en Martinique a lieu entre février et juin. Clément produisant du rhum agricole, donc de pur jus de canne frais, cette période correspond à la campagne de distillation.

La canne est pressée, arrosée, puis pressée à nouveau, pour être sûr d’obtenir tout son jus sucré. Des tests en laboratoire son menés pour définir le taux de sucre et l’acidité du jus. On contrôle ainsi la qualité et l’on peut éventuellement ajuster la fermentation qui dépend de ces critères.

La distillerie du Simon est autonome en énergie, puisque ses chaudières sont entièrement alimentées par la bagasse.

La fermentation du vesou dure 24 à 36 heures, dans des cuves de 20.000 Litres. Le vin de canne est mesuré à 5 % d’alcool à l’issue de cette opération.

La distillation s’effectue sur une colonne créole, d’où le rhum s’écoule à 70 % d’alcool. Ce degré est conforme à l’AOC Martinique, qui précise également que le rhum blanc doit comporter au moins 225 grammes de substances non alcool par hectolitre d’alcool pur, afin de garantir une aromatique riche.

Le travail du rhum à l'habitation Clément

Le rhum blanc est ensuite transporté à l’habitation historique, qui dispose de plus de 12.000 fûts répartis dans 5 chais.

Le rhum est dilué et mis en fût à 64 %. Les premiers mois du vieillissement se font en fûts de chêne américain neufs. On place ensuite le rhum en ex-fûts de bourbon, puis éventuellement en fûts de chêne français neufs de 220 Litres.

La part des anges est de 8 % par an, mais on pratique l’ouillage pour tenter de la limiter.

La gamme des rhums Clément est très étendue, et elle est aujourd’hui largement exportée. L’habitation a été une pionnière des tendances modernes, en lançant en 2001 le premier rhum monovariétal et millésimé : le rhum Clément canne bleue. Elle s’est également démarquée en proposant la bouteille la plus chère au monde. Il s’agit d’un millésime 1966 embouteillé en cristal de Baccarat, avec un bouchon en or et en diamants.

1 avis visiteur(s)

  1. Adrien

    Excellent rhum! Dans le même genre que le j.m 2003 que j apprécie beaucoup également!

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