Réunion

L’histoire du rhum de La Réunion

La culture de la canne à sucre a démarré au cours du XVIIème siècle, sur ce que l’on appelait alors l’île Bourbon. Les premiers alambics ont fait leur apparition en 1704. On y distillait l’arack, un Lire plus

L’histoire du rhum de La Réunion

La culture de la canne à sucre a démarré au cours du XVIIème siècle, sur ce que l’on appelait alors l’île Bourbon. Les premiers alambics ont fait leur apparition en 1704. On y distillait l’arack, un rhum de pur jus de canne semblable au tafia des Antilles.

En 1807, Napoléon ordonnait l’arrêt de la production d’arack. Il avait décidé de séparer la production de ses deux possessions de la région : l’Isle de France (Lire plus

L’histoire du rhum de La Réunion

La culture de la canne à sucre a démarré au cours du XVIIème siècle, sur ce que l’on appelait alors l’île Bourbon. Les premiers alambics ont fait leur apparition en 1704. On y distillait l’arack, un rhum de pur jus de canne semblable au tafia des Antilles.

En 1807, Napoléon ordonnait l’arrêt de la production d’arack. Il avait décidé de séparer la production de ses deux possessions de la région : l’Isle de France (Île Maurice) et l’île Bourbon (La Réunion). Pour la première ce serait le rhum et le sucre, et pour l’autre, le café et les épices.

Les anglais ont conquis l’île Bourbon en 1812, et y ont réinstauré la production d’arack. En cette période de guerre acharnée, la France récupérait Bourbon en 1815 mais perdait l’Isle de France par la même occasion.

On a alors décidé de développer à nouveau les plantations de canne et de se concentrer sur la production de sucre.

Le sucre et le rhum entrent dans la modernité

En 1815, la première « véritable » distillerie a vu le jour, avec l’essor de l’industrie du sucre. Exit le pur jus de canne, c’est la mélasse qui s’impose donc avec l’industrialisation. Cependant, un problème de qualité se pose rapidement, ainsi qu’un désordre général causé par la fraude et l’abus d’alcool.

On a alors pris la décision de réduire la production et de contrôler les prix pour endiguer le phénomène. Chose surprenante, on a aussi décidé d’interdire la distillation de pur jus de canne (arack) au profit de la mélasse (rhum) jugée plus saine.

Ces mesures n’ont pas été vraiment efficaces du point de vue du maintien de l’ordre. Mais la modernisation et l’amélioration de la fabrication du sucre ont malgré tout fait progresser le secteur. Dans le milieu du rhum, le désordre régnait toujours, on a donc trouvé une nouvelle solution. Celle-ci consistait à limiter le nombre d’alambics ainsi que l’accès à leur propriété. Cela s’est fait par le biais de taxes et de prix élevés du matériel.

L’abolition de l’esclavage en 1848 n’a finalement pas énormément perturbé  la production, car les colons se sont vite réorganisés. En abandonnant le contrôle renforcé de la distillation, les autorités ont de nouveau laissé se développer les distilleries et le niveau de production s’est maintenu.

Le rhum et la guerre

En 1854, pour fournir en masse les soldats de la guerre de Crimée, les droits de douane sur le rhum ont été abolis. Si les volumes de production étaient conséquents, la qualité n’était toujours pas la priorité. Ce déficit qualitatif s’est d’ailleurs exprimé nettement lors de l’exposition universelle de 1855. Les rhums antillais ont pu quant à eux y montrer l’étendue de leur savoir-faire.

Après la guerre de Crimée, les exportations ont radicalement diminué, mais la consommation est restée plutôt stable. C’est qu’entre-temps sur l’île Bourbon, un gros problème sanitaire était apparu. La consommation avait triplé en 10 ans entre 1848 et 1858 !

En 1860, on comptait alors 40 distilleries. Une fois de plus, la situation du rhum, des distilleries et des problèmes liés à l’alcool étaient hors de contrôle. Le problème a perduré jusqu’aux années 1870. Des cyclones, des maladies et un manque de main d’œuvre ont mis un gros coup de frein à l’essor du rhum.

La recherche de la qualité

Après cette période compliquée, le niveau de production étant redevenu raisonnable, le monde du rhum réunionnais s’emploie maintenant à faire de la qualité. Cela fonctionne, et en 1884 les premières exportations (hors rations de soldats) commencent à se faire. Toutefois la majorité de celles-ci se font vers Madagascar, et très peu atteignent la métropole.

Les échanges avec Madagascar occasionnent d’ailleurs une généralisation du rhum arrangé. Il va vite devenir un des éléments importants de la culture de l’île.

En 1914, la guerre fait rage de nouveau en Europe, et tout le rhum réunionnais est réquisitionné. Il servira tour à tour de remontant et de médicament pour les troupes. À la sortie de la première guerre mondiale, les stocks de rhum sont énormes et s’écoulent à prix sacrifiés. Les producteurs d’eau-de-vie du vieux continent voient cela d’un très mauvais œil. Ils obtiennent alors un contingentement des rhums d’outre-mer.

La concentration de la production a ainsi commencé à se faire. On comptait alors 31 distilleries en 1928. Puis La Réunion a été coupée de la métropole avec la deuxième guerre mondiale. L’industrie du rhum a pris un grand coup de massue. Une grande partie des champs de canne a été vite reconvertie en agriculture vivrière. En effet, il fallait également nourrir la population isolée de l’île.

À la sortie de la guerre, en 1945, on ne comptait plus que 14 distilleries et sucreries.

Aujourd’hui, La Réunion est dotée de 2 sucreries (Le Gol et Bois Rouge) et de 3 distilleries (Savanna, Isautier et Rivière du Mât). 1972 a vu la création de la marque Charrette, un mélange de rhums de ces trois distilleries qui contribué à populariser les rhums de l’île.

Le rhum arrangé

Comment parler du rhum de La Réunion sans parler du rhum arrangé ? C’est sans doute la population indienne de Madagascar qui a importé cette part de culture à La Réunion.

D’abord utilisée comme remède, comme médicament, cette macération d’herbes, d’épices et de fruits a ensuite été consommée de manière plus festive.

Les marins de la route des Indes l’ont découvert et adopté, le répandant ensuite au-delà de l’Océan Indien, et notamment dans les Caraïbes.

Les rhums de La Réunion

Les rhums de La Réunion proposent une variété des plus réjouissantes ! On y distille du rhum traditionnel de sucrerie, du rhum léger, du rhum agricole, et même du grand arôme. Certaines distilleries comme Savanna sont même capables de produire tous ces styles à la fois.

Savanna

Savanna est une distillerie qui a été fondée en 1870, dans la région Saint-Paul. Elle tient son nom de la maison de Savanna, aussi appelée Maison Blanche. L’activité s’est développée dans les années 1930 lorsque Mr Hugot, président des sucreries de Bourbon, l’a prise en main. Elle s’est encore agrandie dans les années 1980, avant de déménager près de la sucrerie de Bois Rouge en 1992.

La distillerie est capable de produire des rhums légers pour d’autres marques de rhum, mais aussi une multitude d’autres expressions sous sa propre marque. La gamme Créol est dédiée au rhum agricole, la gamme Intense au rhum de mélasse, et la gamme Lontan au rhum grand arôme. De nombreuses éditions limitées sortent chaque année, avec des bruts de fûts, des single casks, etc. Le tout est toujours vieilli en ex-fût de Cognac et connait souvent des finitions dans d’autres fûts. Le rhum HERR est quant à lui un rhum unique, un grand arôme extrêmement poussé dont seule la distillerie Savanna a le secret.

Isautier

Les frères Isautier ont mis sur pied la première grande distillerie de l’île en 1845. Alors que la mélasse coulait par tonnes à cette époque, ils ont su se donner les moyens de leurs ambitions et ont vite connu un large succès. Leurs bouteilles en grès étaient alors connues au-delà des frontières de La Réunion.

La distillerie s’est modernisée et diversifiée au cours du XXème siècle, avant de se spécialiser dans les rhums et les punchs dans les années 1990, pour enfin se lancer dans les rhums arrangés en 2010.

On parle beaucoup d’Isautier pour ses rhums arrangés bien sucrés et gourmands, mais aussi pour ses rhums traditionnels blancs, agricoles et industriels. Elle expérimente également dans le domaine du vieillissement, avec le jeune Barrick, et excelle avec son 10 ans.

Rivière du Mât

La distillerie « moderne » de Rivière du mât a établie en 1984 à Saint-Benoît. Elle produit avant tout des rhums traditionnels de mélasse, mais aussi des rhums légers pour le compte d’autres marques. Elle est également capable, comme ses consœurs, de distiller le pur jus de canne. C’est cette polyvalence qui l’inscrit dans la pure tradition des distilleries réunionnaises.

Elle est reconnue pour l’équilibre de ses assemblages, obtenu par un élevage dynamique où le rhum passe par plusieurs fûts, neufs et anciens. On peut prendre pour exemple le Grande Réserve, le millésime 2004 ou l’Opus 5, un rhum agricole exceptionnel.

Charrette

Charrette est sans doute la marque de rhum la plus connue de La Réunion, bien qu’elle ne possède pas elle-même de distillerie. Elle a été créée dans les années 1970 et se fournit en rhum traditionnel et léger auprès des trois distilleries de l’île.

Son rhum blanc traditionnel à 49% est un grand classique des rhums arrangés de La Réunion et fait parties des rhums qui se vendent le mieux en métropole. Elle s’est diversifiée dans les années 2010 avec l’arrivée d’un rhum vanillé très gourmand.

Chatel

Chatel est une entreprise familiale qui remonte au début du XXème siècle. Jean Chatel, qui était destiné à être pharmacien, a préféré quitter le sentier tout tracé pour monter une distillerie. Elle s’est développée tout au long du XXème siècle, jusqu’à devenir une des références de La Réunion à la fin du même siècle. Elle est davantage connue aujourd’hui pour sa gamme de rhums arrangés élaborés à partir de rhum provenant de chez Savanna. Lire moins

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