Publié le

Foursquare : interview de Richard Seale

L’activitĂ© rĂ©cente de la distillerie Foursquare et de son directeur Richard Seale sur les rĂ©seaux sociaux nous a donnĂ© envie d’interroger le principal intĂ©ressĂ© sur ce qui l’anime en ce moment. Un nouveau pot-still, la distillation sous-vide, le high ester, le pur jus de canne, les nouveautĂ©s Ă  paraĂźtre, et toutes les questions que nous avons toujours voulu lui poser
 Richard a bien voulu se prĂȘter au jeu de cette longue interview, avec le goĂ»t de la didactique qui le caractĂ©rise. Un grand merci Ă  lui !

J’ai vu que vous aviez mis un tout nouveau pot-still en service, et expĂ©rimentĂ© la distillation sous vide. Est-ce que cet alambic est spĂ©cialement conçu pour la distillation sous-vide, ou bien est-ce qu’il fonctionne aussi comme un alambic traditionnel, pour la distillation atmosphĂ©rique ?

Oui, il fonctionne Ă©galement en distillation atmosphĂ©rique. C’est l’avantage avec la distillation discontinue ; c’est toujours plus flexible que la distillation continue. Notre colonne de distillation fonctionne quant-Ă  elle uniquement sous-vide, elle a Ă©tĂ© conçue pour fonctionner d’une façon bien spĂ©cifique. Nous ne souhaiterions pas la faire fonctionner de maniĂšre atmosphĂ©rique, cela n’aurait aucun sens.

Il y a plusieurs colonnes sous-vide qui existent dans le monde, mais la notre est probablement la seule qui fonctionne selon le simple principe d’analyse / rectification créé par Coffey. De la mĂȘme maniĂšre, notre pot-still est le seul alambic Ă  double retors adaptĂ© Ă  la distillation sous-vide. Les autres pot-stills sous vide existants sont de fabrication rĂ©cente – souvent en inox – non pas des alambics de conception traditionnelle, en cuivre, adaptĂ©s au sous-vide comme le notre.

Quels sont les avantages de la distillation sous-vide ?

En distillation discontinue, on garde un grand contrĂŽle sur la sĂ©lection du distillat, du cƓur de chauffe, et de choses comme la vitesse de distillation. On peut considĂ©rer que le sous-vide ajoute l’option du choix de ta tempĂ©rature de distillation. Le vin de canne Ă  l’intĂ©rieur de notre alambic sous-vide sera en Ă©bullition Ă  80°C par exemple. Que ce soit en colonne ou en alambic traditionnel, une tempĂ©rature plus basse offre l’avantage d’éviter les arĂŽmes d’une chauffe trop forte pour un bon nombre de composĂ©s du vin de canne. C’est aussi beaucoup plus efficace en termes de dĂ©penses d’énergie.

Est-ce que ce nouveau pot-still fait aussi suite à un besoin de produire beaucoup plus ?

Oui, aujourd’hui nous avons besoin de produire plus de rhum afin de rĂ©pondre Ă  la demande Ă  laquelle on s’attend dans le futur. Et une grande partie de cette demande se dirige dĂ©sormais vers le haut de gamme, oĂč la partie pot-still est primordiale.

Comment est-ce que l’on met en service un pot-still pour la premiùre fois ? Combien de temps faut-il pour se familiariser avec lui ?

Il y a eu trois phases pour le démarrage :

PremiÚrement, calibrer et tester tous les instruments. Cette partie est vraiment cruciale pour un alambic sous-vide, car justement la partie sous-vide nécessite des instruments et un contrÎle informatisés.

La seconde Ă©tape consiste Ă  distiller de l’eau. Cela permet de vĂ©rifier et de corriger d’éventuelles fuites, et plus gĂ©nĂ©ralement de tester la configuration.

Ensuite, nous faisons des essais sous-vide, et finalement nous distillons une cuvĂ©e de vin de canne sous-vide. Cela est plus long que ça en a l’air, parce que nous n’arrĂȘtons pas d’apporter des changements et de corriger des choses. Ce soir par exemple, nous avons changĂ© le cĂąblage de la pompe Ă  vide, car nous avions des difficultĂ©s Ă  ajuster la vitesse du moteur, et nous avons trouvĂ© un dĂ©faut dans les connexions Ă©lectriques.

Quelles nouvelles fonctionnalités offre cet alambic ?

Il offre principalement trois nouvelles fonctionnalités :

– La distillation sous-vide

– Le Nano-cuivre

– Un double systĂšme de chauffe

Nous avions dĂ©jĂ  du nano-cuivre sur le pot still existant, mais il s’agissait d’une modification de l’alambic original. Pour le nouvel alambic, nous avons incorporĂ© les surfaces de nano-cuivre dĂšs le dĂ©part de la construction.

Le nano-cuivre permet de concevoir un alambic avec l’ exacte forme thermodynamique que l’on dĂ©sire, et offre Ă©galement un plus grand effet catalyseur pour la mĂȘme surface. Plus simplement, nos 6 plateaux fonctionnent normalement comme 6 plateaux d’un point de vue distillation, mais leur effet catalyseur agit comme si nous avions 36 plateaux. Bien sĂ»r, si l’on installait 36 plateaux dans l’alambic, cela changerait son utilisation du tout au tout, et d’une maniĂšre que nous ne souhaitons surtout pas.

Le double systĂšme de chauffe est composĂ© de serpentins Ă  vapeur et d’un bain-marie (« steam-jacket »). Cela permet un contrĂŽle des plus prĂ©cis sur la distillation.

Avez-vous un systĂšme de « marks » ? Par exemple, des proportions de standard d’assemblage pot / colonne, diffĂ©rentes concentrations de distillats


Étant une distillerie relativement rĂ©cente, vous n’avez peut-ĂȘtre pas cet historique de marques destinĂ©es aux courtiers, mais plutĂŽt pour votre propre fonctionnement ?

L’histoire des marques est plutĂŽt intĂ©ressante, Ă  l’origine chaque distillerie avait sa propre marque unique. Mais au fur et Ă  mesure de leurs fermetures, leurs recettes ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es Ă  d’autres distilleries, afin que cette « mark » puisse toujours ĂȘtre en mesure d’ĂȘtre fournie. Comme vous le savez, dans la rĂ©gion du Demerara, l’ensemble des alambics et des recettes ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s afin que les marques puissent toujours ĂȘtre produites mĂȘme si la distillerie d’origine avait fermĂ©. Mais cela a effectivement changĂ© la culture du rhum, si bien qu’aujourd’hui il est normal mĂȘme pour une nouvelle distillerie de produire une variĂ©tĂ© de rhums diffĂ©rents.

On peut considĂ©rer que les rhums de pot-still et de colonne sont nos deux marques originelles. Aujourd’hui, puisque l’on utilise de la mĂ©lasse, du jus de canne, diffĂ©rentes techniques de fermentation, et bien entendu diffĂ©rents fĂ»ts, nous produisons une gamme de « marks » qui entrent dans les assemblages.

Le rhum a connu un certain succÚs ces derniÚres années, est-ce que votre stock de rhums vieux parvient à satisfaire la demande ?

Aujourd’hui nous produisons plus de rhum qu’il y a 5 ans. Et 5 ans auparavant, nous faisions plus de rhum qu’il y a 10 ans de cela. À mesure que la demande augmente, nous investissons davantage. Comme je l’explique toujours, nous ne nous sommes pas assis un beau jour pour dĂ©cider de sortir Redoutable. Il y a d’abord eu le succĂšs du Doorly’s XO, donc nous avons investi pour produire le Doorly’s 12. Puis nous avons investi Ă  nouveau pour faire le Doorly’s 14. Le nouveau pot-still est justement lĂ  pour satisfaire la demande future.

Vous remarquerez aussi que nous sommes trÚs précautionneux avec nos Exceptional Casks Series et nos sorties Velier. Nous pourrions en vendre plus, mais il est important de toujours conserver du stock.

De combien de fĂ»ts disposez-vous dans vos chais Ă  l’heure actuelle ? Et quels sont les plus ĂągĂ©s ?

Nous en avons environ 45 000 – un chiffre en constante augmentation. Le plus vieux rhum encore en fĂ»t est de 2004.

Il semble que vous vous amusiez beaucoup à sélectionner de nouveaux fûts, avez-vous une essence de bois ou une provenance que vous préférez en secret ?

Pas vraiment ; nous recherchons avant tout la qualitĂ© des fĂ»ts. C’est pour cela que nous choisissons des ex-cognac par exemple, car comme vous le savez, les gens du cognac sĂ©lectionnent des fĂ»ts d’excellente qualitĂ©. C’est pour la mĂȘme raison que j’ai choisi quelques fĂ»ts ex-sauternes, qui sont parmi les meilleurs fĂ»ts qui existent. Pour la mĂȘme raison, je ne choisirais pas de fĂ»t de Scotch Whisky ou de tequila. Cela parce que ces fĂ»ts ne seraient pas meilleurs que ceux que j’ai dĂ©jĂ .

J’ai commencĂ© avec des fĂ»ts ex-sherry, et il a Ă©tĂ© trĂšs naturel de passer aux fĂ»ts ex-madĂšre, car ils ont une connexion plus forte avec la Barbade. Je me fournis Ă©galement en fĂ»ts de chĂȘne français ex-syrah. Ce n’est pas parce que j’aime particuliĂšrement le syrah, mais parce que les fĂ»ts proviennent de l’un des meilleurs vignerons du monde, qui peut se permettre d’avoir des fĂ»ts de la meilleure qualitĂ© qui soit.

C’est Ă©galement pour cela que les fĂ»ts « gadgets » ou « excentriques », en dehors des dĂ©nominations classiques, ne m’intĂ©ressent pas.

Utilisez-vous parfois du fĂ»t de chĂȘne amĂ©ricain neuf, ou vous tournez-vous toujours vers les fĂ»ts ex-bourbon ?

Quelques annĂ©es en arriĂšre, nous avons achetĂ© quelques fĂ»ts neufs, mais ce n’est pas quelque chose que nous reproduirons. Nous prĂ©fĂ©rons les anciens fĂ»ts de bourbon, que nous re-brĂ»lons Ă©galement. Pour moi, le rĂ©sultat est supĂ©rieur au fĂ»t neuf.

Certaines distilleries ont tendance à « assaisonner » leurs fûts neufs avec leur propre rhum (je pense aux fûts « ex-Neisson » ou « ex-Providence »), est-ce quelque chose qui vous intéresse ?

Oui, c’est ce que nous avons fait avec nos fĂ»ts neufs. Nous le faisons aussi avec d’autres fĂ»ts, mais ce sont des secrets que je ne souhaite pas partager.

Pourquoi vous-ĂȘtes vous intĂ©ressĂ© au pur jus de canne ? Est-ce une question de survie dans le futur, avec les pĂ©nuries annoncĂ©es de mĂ©lasse ?

Aujourd’hui, nous concevons le rhum comme Ă©tant issu soit de pur jus, soit de mĂ©lasse. Cela n’a pas toujours Ă©tĂ© le cas dans l’histoire, car le rhum Ă©tait fait sur les domaines sucriers qui utilisaient les deux matiĂšres premiĂšres. Ce qui m’a inspirĂ© en rĂ©alitĂ©, c’est l’envie de re-brouiller cette ligne. Je ne souhaite pas que les gens pensent Foursquare comme une distillerie de mĂ©lasse ou une distillerie de pur jus de canne, mais comme une distillerie qui utilise de la canne Ă  sucre.

J’ai Ă©tĂ© trĂšs inspirĂ© par ma visite Ă  la distillerie Hampden, oĂč le rhum est fait de maniĂšre inchangĂ©e depuis 250 ans, et oĂč l’on utilise aussi bien du jus que de la mĂ©lasse. Il ne s’agit pas de copier leurs mĂ©thodes, mais de partager cette philosophie. Foursquare est aussi un lieu historique du sucre, qui pas le passĂ© faisait du rhum en employant du jus de canne et de la mĂ©lasse. Cela semblait donc tout Ă  fait naturel de presser Ă  nouveau de la canne chez Foursquare.

Bien sĂ»r, nous avons Ă©galement dans l’idĂ©e d’élargir notre potentiel, et de protĂ©ger notre approvisionnement avec le jus de canne. Nous avons aujourd’hui un peu plus de 8 hectares qui nous sont propres pour planter de la canne, en plus des cannes de la Plantation Ashbury.

Qu’avez-vous fait des distillats de vos premiùres presses de 2018 ? Sont-ils en vieillissement ?

Nous travaillons le jus de canne depuis 2016. Les deux premiÚres années, nous nous sommes fournis chez St Nicholas Abbey. En 2018 et 2019, nous avons utilisé notre propre jus ainsi que celui de St Nicholas. Pour 2020 et 2021, la canne venait de la Plantation Ashbury. Tout est en vieillissement.

Utilisez-vous du pur jus frais ou du sirop ?

Nous utilisons du jus frais. Nous avons utilisé du sirop de St Nicholas par le passé, mais nous préférons le jus frais car il vient mieux en complément de ce que nous faisons en mélasse.

Diriez-vous que votre rhum de pur jus sera un rhum « Single Estate » à l’avenir ?

Nous ne dirions pas cela, car toute la canne ne vient pas de Foursquare, donc ce serait trompeur. Quand nous aurons notre propre canne, il est possible que nous sortions un rhum single estate, mais ce n’est pas vraiment l’objectif. Je prĂ©fĂšre assembler.

Votre rhum high ester à sortir avec Habitation Velier est un assemblage de mélasse et de pur jus. Comment cette idée est-elle née ?

Vers la fin de la récolte, il est tout à fait possible de faire des rhums avec des esters trÚs élevés, provenant de vins de canne avec une trÚs forte acidité. Donc je me suis dit pourquoi pas !

Est-ce qu’il est totalement non vieilli ?

Tout Ă  fait.

Comment avez-vous conduit la fermentation du jus de canne, ce qui j’imagine est trĂšs diffĂ©rent de ce Ă  quoi vous ĂȘtes habitué ?

AprĂšs avoir fait de la fermentation de mĂ©lasse durant 20 ans, je pensais ĂȘtre devenu expert. C’est en faisant de la fermentation naturelle avec du jus de canne que je me suis rendu compte qu’en fait je ne savais rien.

On croit souvent qu’il faut utiliser au moins des vinasses (dunder) pour obtenir des rhums high ester, pourtant certains comme Worthy Park n’ont pas recours Ă  ces mĂ©thodes. Vous-ĂȘtes vous inspirĂ©s d’eux ?

Oui, il s’agit en effet d’un malentendu. Les vinasses font partie de la fabrication du rhum au sens gĂ©nĂ©ral. Historiquement, tous les rhums Ă©taient produits en utilisant des vinasses. MĂȘme aujourd’hui, Hampden fait des rhums « common clean » (la catĂ©gorie des rhums lĂ©gers, ndlr) en utilisant des vinasses, qui jouent un rĂŽle important dans la fermentation naturelle de la mĂ©lasse. Pourtant, il ne s’agit pas d’un Ă©lĂ©ment constituant du high ester. Nous avons rĂ©ellement dĂ©veloppĂ© notre propre mĂ©thode, qui est diffĂ©rente que ce soit de Worthy Park ou de Hampden.

Donc il s’agit « simplement » d’une bonne levure, d’un bon contrĂŽle de la durĂ©e et de la tempĂ©rature, pour une fermentation secondaire malolactique ou bactĂ©rienne ?

Secret. Indice : S.Pombe is important.

(Schizosaccharomyces pombe est une levure particuliĂšre, une levure Ă  fission qui joue un rĂŽle important dans les rhums grand arĂŽmes, ndlr)

Utiliserez-vous du vinaigre de jus de canne pour acidifier votre fermentation ?

Non, nous ne produisons pas de vinaigre de canne Ă  proprement parler, mais nos vins de canne sont pourvu d’une forte aciditĂ©.

Les rhums high ester de la Barbade sont donc quelque chose qui appartient au prĂ©sent, et nous l’espĂ©rons, au futur ; mais est-ce qu’ils Ă©taient Ă©galement prĂ©sents par le passé ?

Oui en effet. Ils Ă©taient appelĂ©s « rhum de type longue fermentation ». Il ne s’agissait probablement pas de high esters dĂ©passant les 600 g/hlap, mais certainement au-delĂ  des 300.

Devons-nous nous attendre à une évolution du style Foursquare, si ces rhums entrent dans les assemblages à venir ?

C’est tout le dĂ©fi pour nous. Nous sommes heureux de repousser les limites, mais il est important que nos rhums soient reconnus comme « rhums de la Barbade », comme rhums Foursquare. N’importe qui peut faire quelque chose de diffĂ©rent, c’est finalement assez banal de faire cela. Le vrai dĂ©fi est d’évoluer tout en conservant le cƓur de notre philosophie et de notre style.

Notre high ester est trĂšs diffĂ©rent d’un rhum de la collection ECS par exemple, mais il est trĂšs doux, trĂšs Ă©quilibrĂ©. Nous aimons faire des rhums bien Ă©quilibrĂ©, trĂšs doux. J’aime Ă  penser que vous serez d’accord avec le fait qu’il s’agit du genre de rhum high ester que vous attendez de Foursquare. LĂ  est l’important.

Avez-vous mis une partie de ces rhums en fûts ?

Cet assemblage est unique, pour la sortie spĂ©ciale Habitation Velier, mais oui, nous avons utilisĂ© du high ester pour des assemblages qui sont aujourd’hui en fĂ»ts.

Comment se passent les discussions autour de l’Indication GĂ©ographique du Rhum de la Barbade ?

Ferrand a tout arrĂȘtĂ©.

Pouvez-vous nous parler des nouvelles sorties pour l’Europe, et en particulier pour la France ?

Indelible a Ă©tĂ© envoyĂ© l’annĂ©e derniĂšre, donc il devrait dĂ©jĂ  ĂȘtre lĂ . La prochaine sortie est Sovereignty. C’est un brut de fĂ»t, 14 ans, un assemblage de rhums issus de fĂ»ts ex-bourbon et ex-sherry. Il partira bientĂŽt, donc je pense qu’il sera disponible aux alentours du mois de mars.

Vous avez commenté les travaux de Stephen Shellenberger (Boston Apothecary), en reconnaissant tout en nuançant le rÎle des S.Pombe, mais que pensez-vous des « rum oils » ? Est-ce quelque chose qui entre dans votre conception du rhum ?

On n’est pas exactement sĂ»r de ce Ă  quoi Arroyo faisait rĂ©fĂ©rence. On pense qu’il s’agit de terpĂšnes (des molĂ©cules Ă  l’origines d’huiles aromatique, ndlr), mais c’est probablement plus complexe que cela. Les spiritueux ont tous en commun des esters, des alcools supĂ©rieurs et des huiles de fusels, et pourtant ils ont tous des arĂŽmes diffĂ©rents. On sait reconnaĂźtre un distillat de canne Ă  sucre d’un distillat de cĂ©rĂ©ales. C’est cet Ă©lĂ©ment dĂ©terminant qui peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© Ă  l’huile de rhum.

Cela n’est pas aussi simple que de la rĂ©sumer Ă  un composĂ© ni mĂȘme Ă  une famille de composĂ©s ; c’est une combinaison qui produit cette identitĂ© caractĂ©ristique qui dĂ©finit un rhum. La sciences des arĂŽmes est trĂšs complexe, les composĂ©s peuvent avoir des arĂŽmes trĂšs diffĂ©rents selon qu’ils sont mĂ©langĂ©s avec un autre ou pris Ă  part. Il ne sera peut-ĂȘtre jamais possible de dĂ©finir ce qu’est l’huile de rhum, mais seulement de savoir quand elle est prĂ©sente.

La premiĂšre Barbados Rum Experience (une semaine de visites et de sĂ©minaires autour des distilleries de La Barbade, ndlr) a Ă©tĂ© un succĂšs auquel l’ensemble des amateurs aurait rĂȘvĂ© de participer. Que pouvons-nous attendre de la prochaine Ă©dition ?

Cet Ă©vĂ©nement a en effet Ă©tĂ© un grand succĂšs. EspĂ©rons que le covid ne soit plus lĂ  et ne restreigne pas les effectifs l’annĂ©e prochaine. Nous avons eu de superbes tĂ©moignages, et les participants ont eu l’occasion de profiter de bien plus qu’une visite classique des distilleries. Ils ont appris non seulement au sujet de la Barbade, mais aussi de l’histoire et de la culture du rhum de La Barbade.

Avez-vous remarqué un développement du spiritourisme à la Barbade ? Est-ce quelque chose que vous aimeriez développer également, en améliorant la visite de la distillerie Foursquare, etc ?

Oui, c’est quelque chose que nous voyons de plus en plus. J’ai reçu beaucoup de visiteurs qui me disaient avoir choisi la Barbade pour leurs vacances parce qu’ils souhaitaient visiter Foursquare. Nous prenons cela en compte, mais la visite de Foursquare est dĂ©jĂ  trĂšs complĂšte. On peut visiter la distillerie de prĂšs, avec un accĂšs Ă  toutes ses parties. Ce n’est pas une visite artificielle. Donc le dĂ©fi pour nous est d’amĂ©liorer cette expĂ©rience, mais surtout de conserver son authenticitĂ©.

Avez-vous prĂ©vu de dĂ©velopper vos marques « classiques », avec par exemple des bruts de fĂ»ts, ou bien est-ce que ce genre de choses est rĂ©servĂ© aux Exceptional Cask Series ? J’imaginerais bien un Doorly’s XO ou un RL Seale’s 10 ans en brut de fĂ»t dans ma cave !

C’est peu probable.

Dommage, j’aurai essayé !:D

 

Merci Richard d’avoir pris le temps de rĂ©pondre Ă  nos nombreuses questions, et de ne jamais hĂ©siter Ă  ouvrir les portes de votre distillerie, que ce soit pour nous, visiteurs virtuels, ou pour les chanceux qui ont pu la dĂ©couvrir en vrai. À trĂšs bientĂŽt pour les nouveaux ECS !

5 rĂ©flexions au sujet de « Foursquare : interview de Richard Seale »

  1. TrÚs intéressant !

    1. Merci Jerry, heureux de constater que ces lectures intĂ©ressent les plus Ă©rudits d’entre nous 😉

  2. Wonderful interview thank you:)

    1. My pleasure Chris, thank you for this kind comment

  3. TrĂšs intructif
    Bravo et Merci

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *