Barbade

L’histoire du rhum de la Barbade

La petite île de la Barbade a été colonisée tardivement par les anglais, en 1625. Chose rare dans le nouveau monde, elle ne passera pas entre d’autres mains jusqu’à son indépendance en 1966…. Lire plus

L’histoire du rhum de la Barbade

La petite île de la Barbade a été colonisée tardivement par les anglais, en 1625. Chose rare dans le nouveau monde, elle ne passera pas entre d’autres mains jusqu’à son indépendance en 1966.

La canne à sucre y a été introduite en 1637. La Barbade était facile à cultiver car relativement plate, ce qui en faisait une île à sucre idéale. Dès 1640, on a commencé à y fabriquer le redoutable Kill Devil, une sorte de Lire plus

L’histoire du rhum de la Barbade

La petite île de la Barbade a été colonisée tardivement par les anglais, en 1625. Chose rare dans le nouveau monde, elle ne passera pas entre d’autres mains jusqu’à son indépendance en 1966.

La canne à sucre y a été introduite en 1637. La Barbade était facile à cultiver car relativement plate, ce qui en faisait une île à sucre idéale. Dès 1640, on a commencé à y fabriquer le redoutable Kill Devil, une sorte de rhum agricole rudimentaire. Puis rapidement, la production de sucre a démarré donc on s’est tout naturellement tourné vers la mélasse et les écumes de cuisson du jus.

Le berceau du rhum

Un des premiers documents utilisant le mot « Rum », et datant de la moitié du XVIIème siècle, provient de la Barbade. Ce témoignage écrit explique que l’on considère cette île comme le berceau du rhum des Caraïbes. C’est là que s’est développé le rhum moderne tel qu’on le connait aujourd’hui.

A la fin du XVIIème siècle, l’île était l’un des plus gros producteurs de rhum de la Caraïbe. Elle était parsemée de petites et moyennes distilleries, alors équipées uniquement de pot-stills.

La qualité de ses rhums n’a fait que s’améliorer au tournant du XVIIIème siècle. Ce qui l’a menée au deuxième rang des producteurs de rhum, après la Jamaïque, au milieu du XVIIIème siècle. Le plus gros de la production était alors consommée sur place.

L’ère moderne

Fin XIXème, beaucoup de distilleries ont fermé. Il y a eu plusieurs raisons à cela : d’abord l’abolition de l’esclavage, la concurrence des autres îles, puis une hausse significative des taxes pour répondre aux protestations des producteurs d’eaux-de-vie du vieux continent. D’un point de vue économique, les planteurs ont également réalisé qu’il était parfois plus intéressant de vendre leur mélasse aux nombreuses distilleries situées aux Etats-Unis, plutôt que de la distiller elles-mêmes.

Comme partout ailleurs, un début de concentration des moyens de production a commencé à s’opérer. A cette époque, c’est la WIRD (West Indies Rum Distillery, encore appelée West Indies Rum Refinery qui a tiré son épingle du jeu, avec l’introduction de la colonne qui lui a permis de rester compétitive. Elle était alors responsable de plus de la moitié de la production locale à la fin du XIXème siècle.

Le siècle des négociants

Malgré tout, des problèmes de gestion l’ont conduite à être rachetée par d’autres acteurs locaux. Ce sont surtout ses clients (marques, assembleurs, négociants) qui se sont montré repreneurs. On compte parmi eux des noms connus comme ceux de RL Seale ou de Doorly. Il faut préciser qu’au début du XXème siècle, les lobbies des négociants étaient puissants et avaient obtenu une loi qui imposait aux distilleries la vente en vrac. Cela leur interdisait ainsi l’embouteillage par leurs propres soins et donc la vente directe au consommateur. En rachetant la WIRD, les négociants sécurisaient ainsi leurs approvisionnements et réalisaient sans doute au passage quelques économies.

On a constaté une très forte baisse de la consommation locale vers 1930, mais cela a aussi été le début d’une grande vague d’export (notamment occasionnée par la prohibition aux Etats-Unis). Cette tendance à l’exportation n’a cessé de prendre de l’ampleur, et a même connu une fulgurante ascension à partir des années 1980. Le succès de Mount Gay lors des années 1970 doit en être en partie responsable.

Aujourd’hui, chose rare dans la Caraïbe, on y boit autant de rhum blanc que de rhum vieux. 1500 Rum Shops (l’équivalent des fameux rum bars jamaïcains) jalonnent ainsi l’île et continuent de régaler touristes et locaux.

Les distilleries de la Barbade

WIRD

La distillerie a été fondée en 1893 par deux ingénieurs allemands. Elle est vite devenue un monument, et a toujours été la plus grosse distillerie de l’île, fournissant toutes les marques d’assemblages de la Barbade. Dans les années 1990, des contrats ont été signés avec Malibu et Captain Morgan. Le succès a été tel que la distillerie a eu du mal à suivre, jusqu’à ce qu’elle investisse dans une nouvelle colonne.

La mélasse utilisée provient en majeure partie du Guyana. La fermentation y dure 24 heures. La distillerie utilise 4 appareils de distillation : 2 complexes multi colonnes (l’un de 4 colonnes et l’autre de 6, ce dernier pouvant produire des rhums lourds en n’utilisant qu’une partie de sa capacité) et 2 pot-stills. Un ancien alambic à chambre, le Vulcain, a été restauré en 2018 et reproduit le style ancien de la distillerie.

La distillerie fournit toujours de nombreuses marques d’assemblages, ainsi que des embouteilleurs indépendants tels que SBS ou Duncan Taylor. Elle possède également sa marque propre appelée Cockspur.

La Maison cognaçaise Ferrand, propriétaire de la marque Plantation, entre autres, a racheté la WIRD en 2017.

Mount Gay

C’est la plus ancienne distillerie de la Barbade, avec une première trace écrite qui remonte à 1703. Baptisée Mount Gilboa à l’origine, elle a été rebaptisée en 1852 en l’honneur de Sir John Gay Alleyne, qui a considérablement développé la distillerie. Au début du XXème siècle, elle appartenait à la famille Ward. Celle-ci a eu l’astuce de contourner la loi qui interdisait aux distilleries de vendre en direct au consommateur, en créant sa propre marque d’assemblage. Ce qui fit de Mount Gay la première distillerie de la Barbade embouteillant sous sa propre marque.

Cette marque a été rachetée par le groupe Rémy Cointreau en 1989. Après des difficultés occasionnant une brève fermeture de la distillerie en 2013, cette dernière a finalement dû être rachetée en 2014 par le même groupe.

C’est un producteur relativement petit, mais qui met quasiment tout son rhum en vieillissement, et qui dispose donc de stocks très conséquents de rhum vieux.

La fermentation de la mélasse y dure de 22 à 48 heures en cuves en bois. La distillation se fait à l’aide de 3 pot-stills et d’une colonne Coffey (introduite seulement en 1976). Les distillats sont ensuite assemblés après vieillissement.

Mount Gay est renommée pour l’équilibre de ses assemblages tel que le Mount Gay XO ou la cuvée 1703.

Foursquare

Cette jeune distillerie a été mise sur pied en 1996. La famille Seale était présente depuis longtemps en tant qu’assembleur et propriétaire de marques, avant de décider d’être autonome en production de rhum. Cela correspond entre autres avec le fait qu’à la même époque, la WIRD commençait à avoir du mal à fournir ses clients autres que Malibu et Captain Morgan. C’est ainsi que RL Seale a repris l’ancienne sucrerie de Foursquare pour en faire une distillerie.

La mélasse bénéficie de 44 heures de fermentation. Elle est distillée dans une double colonne en cuivre, et dans un pot-still caribéen typique (avec un double retort qui permet de ne faire qu’un seul passage, un gain de temps par rapport à la distillation à repasse). Les distillats sont assemblés dès leur mise en fût. 90% de la production est mise en vieillissement, surtout en ex-fûts de bourbon. De nombreuses expériences ont cependant été menées ces dernières années avec des fûts de Porto, de Sherry ou de Madère (Triptych, Destino, Port Cask, Principia…).

La société RL Seale a racheté plusieurs marques d’assembleurs négociants, ce qui fait que de nombreuses marques sont issues de sa distillerie. On compte par exemple RL Seale’s, Doorly’s, ou Foursquare, sa marque propre. Elle travaille également avec d’autres marques comme Sixty Six ou Real McCoy. Les marques ESA fields et Old Brigand sont quant à elles uniquement disponibles sur l’île.

St Nicholas Abbey

La création de St Nicholas Abbey remonte à 2006. La distillerie est née dans un souci de préservation du patrimoine d’une vénérable plantation historique. Elle possède ainsi ses propres champs de canne, son habitation, et bien entendu son lieu de production.

C’est une distillerie qui fonctionne toute l’année car elle utilise du sirop de canne (jus de canne cuit). La fermentation se déroule sur 5 jours, sa température est régulée par l’adjonction régulière d’eau fraîche. L’alambic Annabelle a été créé sur mesure, avec une approche moderne et scientifique. La distillation de la cuve de 600L est un processus qui dure 20 heures ! On y produit un rhum assez léger depuis 2010. Avant cela, les rhums vieux de la marque étaient issus de la distillerie Foursquare (ce qui est toujours le cas pour leurs rhums les plus vieux). Lire moins

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