Braud & Quennesson

L’histoire de Braud & Quennesson : renaissance d’un site sucrier emblématique
Pour comprendre la naissance de la rhumerie, il faut remonter à la fin du XIXᵉ siècle. En 1869 est inaugurée la sucrerie du Marin, fondée notamment par Joseph Quennesson, Charles Harouard et Charles-Jean Braud. Véritable usine centrale, elle concentre alors la production d’une douzaine de petites sucreries du sud-est de la Martinique et emploie jusqu’à 120 personnes à son apogée. Son développement transforme durablement le territoire, notamment avec la mise en place d’infrastructures destinées à acheminer la canne vers l’usine.
Comme beaucoup d’établissements sucriers de l’île, la sucrerie du Marin subit de plein fouet les crises successives du sucre, accentuées par la concurrence du sucre de betterave. Elle ferme finalement ses portes autour de 1970.
En 1977, le domaine est racheté par la famille De Gentille, qui poursuit la culture de la canne jusqu’en 1984 avant de réorienter l’exploitation vers l’élevage bovin. Pendant plusieurs décennies, l’activité sucrière semble appartenir au passé. Pourtant, en 2016, la découverte d’une ancienne bouteille de rhum de sucrerie produite au Marin ravive la mémoire du lieu. Deux ans plus tard, en 2018, la décision est prise de replanter de la canne à sucre sur l’habitation Grand-Fonds. Les travaux d’aménagement débutent en 2021 et aboutissent, le 23 novembre 2022, à l’ouverture officielle de la nouvelle rhumerie.
Un terroir d’exception au sud de la Martinique
Situé à l’extrême sud de l’aire autorisée par l’AOC Martinique, le domaine bénéficie de conditions climatiques singulières : fort ensoleillement, faible pluviométrie et influence constante des alizés marins. Implantées dans une vallée naturellement irriguée et enrichie durant des années par l’élevage bovin, les cannes profitent d’un sol fertile et gorgé d’eau.
Aujourd’hui, environ 30 à 40 hectares sont cultivés (cannes bleues, rouges, roseaux, et notamment la B5992 dite canne jaune), avec l’ambition d’augmenter les surfaces de 10 hectares par an. Les premières récoltes ont révélé des taux de sucre remarquables, avec des degrés Brix pouvant atteindre 23, bien au-dessus de la moyenne observée sur l’île. Ces caractéristiques donnent naissance à des rhums au profil gourmand, suave et rond.
De la canne au rhum : exigence et traçabilité
Les cannes, coupées mécaniquement, sont acheminées vers la distillerie du Simon, où sont également élaborés les rhums HSE et Clément. Le vesou, fermenté 24 heures en cuves inox ouvertes conformément au cahier des charges de l’AOC, est ensuite distillé en colonne pour produire un rhum blanc titrant en moyenne 72,5 %, réduit puis éventuellement mis en vieillissement autour de 65 %.
Les élevages se déroulent dans les chais de l’habitation Grand-Fonds, en fûts neufs de chêne français et américain, ainsi qu’en ex-fûts de bourbon et de cognac. À terme, le site a vocation à intégrer sa propre distillerie afin de maîtriser l’ensemble du processus de production.
La direction technique est confiée à Stéphanie Dufour, passée par plusieurs maisons martiniquaises de renom, qui apporte son expertise à l’élaboration des cuvées.
Une gamme premium affirmée
Dès son lancement, la marque a fait le choix de rhums blancs premium issus de la récolte 2022. Trois premiers embouteillages à 50 %, 55 % et 59,2 % ont vu le jour, rejoints par un parcellaire (L319-52) à 52,5 %, à la fois doux et gourmand. Ces cuvées ont rapidement été remarquées et médaillées dans plusieurs concours.
En 2023, deux rhums élevés sous bois (minimum 12 mois en fût selon l’AOC) sont dévoilés sous l’appellation « Sélection du maître de chai » : l’un à 47 %, destiné à la grande distribution, l’autre à 49 %, plutôt orienté vers les cavistes. Issus d’assemblages de fûts de chêne français et américain, ils mettent en valeur la qualité du distillat et la finesse du travail d’intégration du bois.
Un rhum vieux est actuellement en préparation et devrait voir le jour dans les prochaines années.
Un projet tourné vers l’avenir
Comme le souligne Octavie de Gentille, la maison envisage peut-être de nouveaux rhums parcellaires si certaines parcelles révèlent un intérêt particulier à la dégustation. Un embouteillage à 40 % destiné à la mixologie est également à l’étude, tout comme, à plus long terme, la production d’un rhum monovariétal. En revanche, aucun brut de colonne n’est prévu pour l’instant.
Avec la montée en puissance des plantations, l’installation future d’une distillerie sur site et un positionnement résolument premium, Braud & Quennesson s’impose comme l’un des nouveaux visages les plus prometteurs du rhum martiniquais. Entre héritage historique et ambition contemporaine, la renaissance du Marin est en marche. Lire moins
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Braud & Quennesson rhum blanc Agricole Parcelle L319-52 Fond Poterie 52°
- Martinique
- 52° - 70 cl
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