Clément Canne Bleue 50° – millesime 2017

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

50

Âge

non vieilli

Millésime

2017

Packaging

Sans

Genre

Rhum, Rhum pur jus de canne, Rhum AOC Martinique, Rhum blanc

Profil

Épices fortes, Fleurs, Fruits, Sec, Végétal

35,90  Bouteille :

En stock

5,46  Échantillon 5 cl :

En stock

Clément Canne Bleue 50° – millesime 2017 : Description et avis clients

Ce rhum blanc de chez Clément est distillé à partir d’une seule variété de canne, la canne bleue. Elle a été récoltée en 2017.

Autre particularité dans l’élaboration de ce rhum : sa réduction est lente, puisqu’elle se déroule sur 6 mois (brassage et aération).

Le rhum Canne Bleue est une édition limitée à de petites quantités, chaque année depuis 2000 ! Pour cette 18ème édition, cette bouteille bleue est une fois de plus une réussite avec une étiquette couleur cuivre qui fait référence à la distillation de Clément Canne Bleue dans une colonne créole faite de ce métal.

La note de dégustation de Nico

Le nez s’ouvre sans conteste sur la canne à sucre. Les arômes secondaires de la fermentation sont légèrement plus présents qu’à l’accoutumée, on note une volonté de pousser l’authenticité. Cela donne un rhum ouvert, peu alcooleux, fin et précis. On ne parle cependant pas de rondeur, l’eau-de-vie reste aiguisée et les arômes fleuris de la canne penchent plutôt du côté du géranium. Avec le poivre, on obtient un profil assez complet et très martiniquais, avec une bagasse modérée et des agrumes portant plus sur le jus que sur le zeste.

L’aération donne un rhum plus parfumé et plus fruité, presque acidulé. Les fleurs jouent davantage de leurs charmes et la canne poivrée est d’un caractère plus placide. L’identité martiniquaise un peu sèche est bien établie, mais le temps lui confère plus d’ouverture et de facilité.

L’attaque en bouche est relativement douce. La texture est épaisse mais le poivre et la bagasse sont saisissants et secs, ce qui offre un beau contraste et surtout de l’équilibre. Toujours dans cet esprit de contraste, la sensation minérale et asséchante est contrebalancée par des arômes généreux de fermentation qui amènent de l’amplitude. L’impression d’authenticité subsiste lorsque le jus de canne prend un air un peu salé, avec des légumes (asperge) et de l’olive, puis lorsque l’on mâche une canne rustique à l’écorce poivrée.

La finale est longue ; la paille verte, aromatique mais rustique, s’efface au profit du poivre.

« Un millésime qui choisit de refléter le terroir Martiniquais, avec un rhum aromatique et plus organique qu’à l’accoutumée… »

Ce millésime 2017 revient aux bases d’un rhum agricole authentique et riche, il compose sur un profil plus complexe que celui de l’année précédente.

Clément

L’histoire du rhum Clément

Avant l’habitation Clément, il y avait l’habitation Acajou, fondée en 1700. Comme beaucoup d’habitations sucrières, Acajou fait faillite suite à la crise du sucre de 1884. Saisie puis mise aux enchères, ses 131 hectares, son habitation et ses installations sont vendues à un certain Docteur Homère Clément. Cet homme politique, maire du François, est le premier homme noir à acquérir une propriété de cette importance en Martinique.

Il partagera son temps entre son mandat de député et la culture de la canne, jusqu’en 1917, où il reconstruit l’ancienne distillerie de l’habitation Acajou. Il y promeut alors le rhum agricole, encore concurrent du rhum industriel.

À sa mort en 1922, c’est son fils Charles qui hérite de l’habitation et y relance une petite sucrerie. Mais il va surtout se concentrer sur la distillerie, la moderniser et améliorer ses rendements. En 1930, la marque Acajou est créée. Elle fait alors figure d’exception en embouteillant soi-même ses rhums. À cette époque, la grande majorité du rhum produit était plutôt envoyé en vrac aux négociants de métropole. Elle alors sera parmi les premières à exporter son rhum en métropole.

Charles Clément achète l’habitation Moneroy en 1932 et agrandit ainsi son domaine agricole d’une centaine d’hectares supplémentaires. En 1938, la distillerie est détruite par un incendie. Une fois reconstruite, elle multiplie sa capacité de production par cinq, et devient la plus performante de l’île.

Le tournant de l'après guerre

Après la deuxième guerre mondiale, le rhum Acajou devient rhum Clément. Les fils de Charles Clément le diffusent largement au-delà de la Martinique, et l’un d’eux développe même une filiale à Bordeaux.

La mort de Charles survient en 1973, et avec elle, difficultés financières et différends familiaux. Le groupe Cointreau prend la gérance de l’entreprise mais ne parvient pas à redresser la barre. Elle est ainsi vendue au groupe Hayot en 1986.

Les colonnes à distiller cessent de couler sur l’habitation en 1988, et sont envoyées au Simon. Le chai, en revanche, est toujours présent (il est ouvert à la visite en 1989), ainsi que les opérations de réduction, brassage, vieillissement et mise en bouteille. En plus de ses rhums vieux et millésimés, Clément diversifie son offre avec ses punchs et son shrubb.

L’AOC Martinique est enregistrée en 1996. Clément se dote de nouveaux chais, et crée une fondation artistique vouée à valoriser l’art des Caraïbes. C’est au même moment que l’habitation est classée monument historique.

La production du rhum Clément

La récolte de la canne à sucre en Martinique a lieu entre février et juin. Clément produisant du rhum agricole, donc de pur jus de canne frais, cette période correspond à la campagne de distillation.

La canne est pressée, arrosée, puis pressée à nouveau, pour être sûr d’obtenir tout son jus sucré. Des tests en laboratoire son menés pour définir le taux de sucre et l’acidité du jus. On contrôle ainsi la qualité et l’on peut éventuellement ajuster la fermentation qui dépend de ces critères.

La distillerie du Simon est autonome en énergie, puisque ses chaudières sont entièrement alimentées par la bagasse.

La fermentation du vesou dure 24 à 36 heures, dans des cuves de 20.000 Litres. Le vin de canne est mesuré à 5 % d’alcool à l’issue de cette opération.

La distillation s’effectue sur une colonne créole, d’où le rhum s’écoule à 70 % d’alcool. Ce degré est conforme à l’AOC Martinique, qui précise également que le rhum blanc doit comporter au moins 225 grammes de substances non alcool par hectolitre d’alcool pur, afin de garantir une aromatique riche.

Le travail du rhum à l'habitation Clément

Le rhum blanc est ensuite transporté à l’habitation historique, qui dispose de plus de 12.000 fûts répartis dans 5 chais.

Le rhum est dilué et mis en fût à 64 %. Les premiers mois du vieillissement se font en fûts de chêne américain neufs. On place ensuite le rhum en ex-fûts de bourbon, puis éventuellement en fûts de chêne français neufs de 220 Litres.

La part des anges est de 8 % par an, mais on pratique l’ouillage pour tenter de la limiter.

La gamme des rhums Clément est très étendue, et elle est aujourd’hui largement exportée. L’habitation a été une pionnière des tendances modernes, en lançant en 2001 le premier rhum monovariétal et millésimé : le rhum Clément canne bleue. Elle s’est également démarquée en proposant la bouteille la plus chère au monde. Il s’agit d’un millésime 1966 embouteillé en cristal de Baccarat, avec un bouchon en or et en diamants.

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