Compagnie des Indes Fiji South Pacific 13 ans 44°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

44

Âge

++

Millésime

2004

Packaging

Étui

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Profil

Bois, Complexe, Épices douces, Fruits, Rond, Végétal

Bouteille :

Rupture définitive

Échantillon 5 cl :

Rupture définitive

Compagnie des Indes Fiji South Pacific 13 ans 44° : Description et avis clients

Ce rhum a été distillé en pot still en décembre 2004 au sein de la distillerie South Pacific, qui se trouve au Nord-Ouest de l’île principale de l’archipel. Il a été embouteillé 13 ans plus tard, en mars 2018.

Chaque bouteille est numérotée.

La note de dégustation de Nico

Au nez, le rhum est d’abord doucement herbacé, puis intriguant, entre végétal, fruité et corsé. Ce profil intéressant est sur le fil entre un rhum doucement fruité, façon salade de fruits frais, et un rhum beaucoup plus chargé aux accents de fruits exotiques très mûrs. S’il ne s’agissait pas d’un single cask, on pourrait croire à un blend très bien équilibré.

Le temps et l’aération confèrent à ce rhum un caractère un peu plus sauvage. Le cuivre côtoie la pierre à fusil et exprime davantage de fruits à la fermentation bien entamée. Malgré tout, la vanille apaise rapidement les choses et nous renvoie à cet équilibre plutôt délicat. La salade de fruits frais est bel et bien oubliée cependant, les fruits exotiques on définitivement pris l’avantage. Avec un peu de repos, on arrivera même à un profil légèrement pâtissier, avec de l’amande douce.

L’attaque en bouche est bien équilibrée. D’abord fruitée, elle laisse s’écouler des sucs de fruits bien mûrs comme la mirabelle ou l’abricot, puis laisse parler le fût de chêne et ses notes vanillées. C’est un rhum délicat et plutôt complexe, avec une touche végétale, du bois toasté, mais aussi de la résine ou de l’amande douce. Les fruits confits sont originaux car fins et légers, ils apportent leur clin d’œil gourmand sans verser dans le pâtissier à outrance.

La finale poursuit dans la mesure et la délicatesse, elle est peu marquée mais accompagne doucement le rhum jusqu’à la prochaine gorgée…

“Une façon intéressante d’aborder les rhums des Fiji, sans caricature mais avec équilibre…”

La note de dégustation de Florent Beuchet

Voici en complément de notre propre note ce qu’en pense Florent Beuchet, qui est à l’initiative de ce rhum.

“Le nez est élégant et résineux, évoluant sur le genièvre et la sciure de bois, le tout sublimé par des saveurs de chocolat blanc.
En bouche, les épices et le côté végétal prennent le dessus. Un poivre de Sichuan frais fait son apparition, et de la baie de Genièvre nous rappelle ce nez atypique des rhums de Fiji.
De la cannelle, du curry et du cumin nous transportent vers une fin de bouche douce et végétale.”

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

Avis

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