Compagnie des Indes Jamaïque New Yarmouth 2005 12 ans 55°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

55

Âge

++

Millésime

2005

Packaging

Étui

Profil

Complexe, Fruits, Médicinal, Pâtissier, Sec, Solvant, Torréfaction, Végétal

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Particularité

Single cask

Bouteille :

Rupture définitive

Échantillon 5 cl :

Rupture définitive

Compagnie des Indes Jamaïque New Yarmouth 2005 12 ans 55° : Description et avis clients

Ce 12 ans d’âge provient d’une distillerie du Sud de la Jamaïque qu’on a peu l’habitude de croiser sur le marché du rhum en Europe : il s’agit de New Yarmouth qui produit un « overproof » particulièrement puissant et aromatique.

Nous avons affaire ici à un millésime (distillation et mis en fût en 2005) et d’un single cask. Chaque bouteille est numérotée.

La note de dégustation de Nico

En bref : solvant – puissant – concentré – grand arôme – pâtissier – fruits exotiques – fruits rouges – amande

Le nez est extrêmement imposant et fera le bonheur des amateurs de rhums Jamaïcains sur-vitaminés. Impressionnant sur les esters, il est très puissant du point de vue aromatique. Il n’évolue pas dans un registre de fermentation de fruits trop mûrs, mais plutôt sur des notes éthérées de solvant. Il n’en reste pas moins un pur « high ester » ou grand arôme. Ne pas se fier à sa pâleur, il projette ses arômes concentrés très loin du verre, dans toute la pièce. Finalement on se rend compte que le fond du profil est tout de même très pâtissier, avec des raisins secs, de la banane, du chocolat au lait. On imagine toutes les sortes de desserts que l’on pourrait faire ou déguster avec ce rhum. On remarque également un côté fruits rouges en sorbet, un aspect assez sucré et proche du bonbon. On se laisse aussi attendrir par la vanille avant que les fruits exotiques très mûrs n’entrent finalement en scène de manière fracassante.
Après du temps et de l’aération, on est toujours impressionné par sa puissance aromatique. Cela n’empêche pas aux notes biens rondes de se faire une place aussi. L’amande s’étale en pâte crémeuse et même beurrée. Un registre végétal et médicinal vient compléter le profil (romarin, noyau), n’en jetez plus !

En bouche, la texture est très enveloppante et fondante. Le rhum est puissant, bien entendu, on se contentera de le siroter, mais il est surtout gourmand. Cela tient au fait qu’il est notamment très épais et très gras, presque sucré. Le milieu de bouche est également hyper gourmand et fruité (amande et fruits confits), et délicieusement concentré.

La finale est sèche et métallique, avec l’amertume de tanins de prune ou de myrtille.

« Quel rhum ! Une véritable bombe d’arômes qui enrobe la bouche pour très longtemps… »

En complément de notre note de dégustation

Voici ce qu’en pense en synthèse Florent Beuchet, l’embouteilleur de ce rhum : olives noires et fruits exotiques pour un nez d’une grande complexité ; explosion en bouche sur des fruits à coques torréfiés et de l’orange confite ; finale puissante et persistante.

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

1 avis visiteur(s)

  1. romain

    Couleur : Or gris

    Nez : Intense, très jamaïcain. D'un coté, on ressent beaucoup d’arômes de solvants. D'un autre coté, on a une palette aromatique de fruit (banane, pèche, ananas) et d'épices (vanille, poivre, estragon). Un nez magnifique où on ne ressent pas réellement la teneur alcoolique du rhum. Un ensemble qui shootera tout amoureux des rhums jamaïcains.

    Bouche : Puissant, fruité, l'attaque est franche où on oscille entre les fruits (banane, fruits secs, prune), l'amande, le café et une note de solvant.

    Finale : Longue et intense, ce rhum nous enivre parfaitement.

    Un très bon rhum jamaïcain. Très bel équilibre. Les 55° sont présents sans prendre le dessus sur la palette aromatique de ce New Yarmouth. Un achat indispensable pour les amoureux de la Jamaïque. Très bon rapport qualité prix.

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