Compagnie des Indes Saint Lucia Distillers 13 ans 43°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

43

Âge

++

Millésime

2002

Packaging

Étui

Profil

Bois, Complexe, Épices douces, Fruits, Fumée, Minéral, Sec

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Particularité

Single cask

Bouteille :

Rupture définitive

Échantillon 5 cl :

Rupture définitive

Compagnie des Indes Saint Lucia Distillers 13 ans est un single cask issu du fût SLD84.

La mélasse a été importée du Guyana avant d’être fermentée pendant 24 heures et d’être distillée dans des alambics à colonne et dans 2 pot stills en avril 2002.
Le vieillissement pendant 13 ans s’est opéré dans un fût de bourbon de première main.
Enfin la mise en bouteille, sans filtration préalable et sans ajout d’additifs, a été réalisée en France.

Seules 296 bouteilles ont été conditionnées à partir de ce fût.

La note de dégustation de Nico

Pour décrire le nez de ce rhum, les anglo-saxons parleraient de « pot still funk », pour ma part je parlerais de Rock’n’roll ! La banane est très mûre et rôtie, une ribambelle de fruits exotiques l’accompagne, enrobée d’un miel puissant. Les épices sont là mais chatouillent tout juste les narines, le dosage est soigné. Ce nez est légèrement cuivré, très expressif mais équilibré en termes de puissance alcoolique.
Après un peu de repos, le registre se fait plus « sombre » : on a des olives noires en tapenade, de la prune, des pruneaux et un bois ciré qui tire sur les fruits secs. Après quelques tours dans le verre pour l’aération, la puissance est toujours de mise mais sans brûlure, et une poignée de raisins secs fondent maintenant dans le verre. Cette association olive/raisin secs indique sans doute une fermentation relativement prolongée.

En bouche on pense dans un premier temps à une eau-de-vie de prune ou d’abricot : on a donc une certaine intensité. Il y a beaucoup de fruit au nez comme en bouche et la pointe de fumé/brûlé qui vient ensuite est fort bienvenue. On alterne ensuite, en fonction des papilles mises à contribution, entre l’ananas flambé et un côté minéral plutôt terreux. La fermentation se fait enfin de nouveau sentir avec un artichaut poivré et le retour de l’olive noire.

Le rhum persiste longtemps en bouche, avec un goût de banane cuite et une sensation cuivrée.

“Sainte-Lucie est une origine peu représentée qui gagne tout à fait à être connue…”

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

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