Clément Single Cask Moka Intense 5 ans Millésime 2010 42,2°

Format

,

Contenance

50 cl

Degré

42.2

Âge

++

Packaging

Étui

Profil

Bois, Épices douces, Fruits, Sec, Torréfaction, Végétal

Genre

Rhum, Rhum pur jus de canne, Rhum AOC Martinique

Particularité

Single cask

Millésime

2010

Bouteille :

Rupture définitive

8,79  Échantillon 5 cl :

En stock

Clément Single Cask Moka Intense 5 ans Millésime 2010 42,2° : Description et avis clients

Vous pouvez désormais retrouver le millésime 2014.

Ce 2010 n’est en effet plus disponible en bouteille, mais il nous reste toutefois quelques échantillons à l’heure où nous écrivons cette ligne.

Le nom de ce Clément est un peu trompeur car il ne s’agit pas d’un rhum aromatisé au moka ni encore moins d’un rhum arrangé. C’est une chauffe lente et intense du bois qui a permis au fût de chêne roux américain de donner au rhum Clément des arômes empyreumatiques de café.
Il bénéficie d’ailleurs de l’appellation AOC ce qui prouve bien qu’il a été réalisé dans les règles de l’art du rhum agricole traditionnel de Martinique.

Ce rhum agricole 5 ans d’âge a vieilli dans un fût unique qui permet de réaliser environ 400 bouteilles.

Les matériaux utilisés pour le coffret de cette bouteille (en photo) sont issus du développement durable et entièrement recyclables.

La note de dégustation de Nico

C’est un boisé humide qui tapisse le nez dans les premiers instants. Il renferme les notes de canne et d’herbe fraîche propres au rhum agricole. Puis ce nez devient vite rond, avec du miel qui a imbibé un boisé toasté. La vivacité du fruit (poire et pomme) et du poivre viennent en équilibre, ainsi que quelques touches de fruits secs. Puis les fruits se font plus oxydés, la pomme plus compotée, au final la première impression évoque un rhum plus fruité que moka.
L’aération va donner l’occasion au rhum de montrer son côté rustique et profond. Le nez devient alors capiteux, épais et lourd. Il est maintenant très prenant, avec un authentique profil de rhum agricole saisissant. Les fruits sont bien mûrs et gorgés de sucre, ils ont même un peu éclaté et leur chair s’est un peu oxydée.

La bouche s’ouvre sur une canne simple, naturelle, qui fait bientôt jeu égal avec les tanins du bois. Cet équilibre est très bien réglé et propose un rhum bien typique, sans parasites. Les fruits secs viennent apporter de la gourmandise, et même une sensation un peu sucrée. Encore une fois, plutôt qu’un rhum moka, on remarque surtout un bon rhum agricole bien équilibré avec un boisé un peu vanillé.

En finale, le rhum se resserre sur le bois et le poivre. Les fameuses notes de café et de cacao promises au menu arrivent comme une signature qui en effet restera un moment à l’esprit.

« Loin d’être uniquement centré sur le café, ce joli rhum agricole est un bel exemple de mise en valeur du jus de canne, avec sa signature de moka en forme de clin d’œil… »

Clément

L’histoire du rhum Clément

Avant l’habitation Clément, il y avait l’habitation Acajou, fondée en 1700. Comme beaucoup d’habitations sucrières, Acajou fait faillite suite à la crise du sucre de 1884. Saisie puis mise aux enchères, ses 131 hectares, son habitation et ses installations sont vendues à un certain Docteur Homère Clément. Cet homme politique, maire du François, est le premier homme noir à acquérir une propriété de cette importance en Martinique.

Il partagera son temps entre son mandat de député et la culture de la canne, jusqu’en 1917, où il reconstruit l’ancienne distillerie de l’habitation Acajou. Il y promeut alors le rhum agricole, encore concurrent du rhum industriel.

À sa mort en 1922, c’est son fils Charles qui hérite de l’habitation et y relance une petite sucrerie. Mais il va surtout se concentrer sur la distillerie, la moderniser et améliorer ses rendements. En 1930, la marque Acajou est créée. Elle fait alors figure d’exception en embouteillant soi-même ses rhums. À cette époque, la grande majorité du rhum produit était plutôt envoyé en vrac aux négociants de métropole. Elle alors sera parmi les premières à exporter son rhum en métropole.

Charles Clément achète l’habitation Moneroy en 1932 et agrandit ainsi son domaine agricole d’une centaine d’hectares supplémentaires. En 1938, la distillerie est détruite par un incendie. Une fois reconstruite, elle multiplie sa capacité de production par cinq, et devient la plus performante de l’île.

Le tournant de l'après guerre

Après la deuxième guerre mondiale, le rhum Acajou devient rhum Clément. Les fils de Charles Clément le diffusent largement au-delà de la Martinique, et l’un d’eux développe même une filiale à Bordeaux.

La mort de Charles survient en 1973, et avec elle, difficultés financières et différends familiaux. Le groupe Cointreau prend la gérance de l’entreprise mais ne parvient pas à redresser la barre. Elle est ainsi vendue au groupe Hayot en 1986.

Les colonnes à distiller cessent de couler sur l’habitation en 1988, et sont envoyées au Simon. Le chai, en revanche, est toujours présent (il est ouvert à la visite en 1989), ainsi que les opérations de réduction, brassage, vieillissement et mise en bouteille. En plus de ses rhums vieux et millésimés, Clément diversifie son offre avec ses punchs et son shrubb.

L’AOC Martinique est enregistrée en 1996. Clément se dote de nouveaux chais, et crée une fondation artistique vouée à valoriser l’art des Caraïbes. C’est au même moment que l’habitation est classée monument historique.

La production du rhum Clément

La récolte de la canne à sucre en Martinique a lieu entre février et juin. Clément produisant du rhum agricole, donc de pur jus de canne frais, cette période correspond à la campagne de distillation.

La canne est pressée, arrosée, puis pressée à nouveau, pour être sûr d’obtenir tout son jus sucré. Des tests en laboratoire son menés pour définir le taux de sucre et l’acidité du jus. On contrôle ainsi la qualité et l’on peut éventuellement ajuster la fermentation qui dépend de ces critères.

La distillerie du Simon est autonome en énergie, puisque ses chaudières sont entièrement alimentées par la bagasse.

La fermentation du vesou dure 24 à 36 heures, dans des cuves de 20.000 Litres. Le vin de canne est mesuré à 5 % d’alcool à l’issue de cette opération.

La distillation s’effectue sur une colonne créole, d’où le rhum s’écoule à 70 % d’alcool. Ce degré est conforme à l’AOC Martinique, qui précise également que le rhum blanc doit comporter au moins 225 grammes de substances non alcool par hectolitre d’alcool pur, afin de garantir une aromatique riche.

Le travail du rhum à l'habitation Clément

Le rhum blanc est ensuite transporté à l’habitation historique, qui dispose de plus de 12.000 fûts répartis dans 5 chais.

Le rhum est dilué et mis en fût à 64 %. Les premiers mois du vieillissement se font en fûts de chêne américain neufs. On place ensuite le rhum en ex-fûts de bourbon, puis éventuellement en fûts de chêne français neufs de 220 Litres.

La part des anges est de 8 % par an, mais on pratique l’ouillage pour tenter de la limiter.

La gamme des rhums Clément est très étendue, et elle est aujourd’hui largement exportée. L’habitation a été une pionnière des tendances modernes, en lançant en 2001 le premier rhum monovariétal et millésimé : le rhum Clément canne bleue. Elle s’est également démarquée en proposant la bouteille la plus chère au monde. Il s’agit d’un millésime 1966 embouteillé en cristal de Baccarat, avec un bouchon en or et en diamants.

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