Compagnie des Indes Caroni Cask Strength 1991 26 ans 56,2°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

56.2

Âge

+++

Millésime

1991

Packaging

Étui

Profil

Animal, Bois, Complexe, Fruits, Goudron, Médicinal, Minéral, Sec, Végétal

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Particularité

Brut de fût

350.00  Bouteille :

En stock

27.90  Échantillon 5 cl :

En stock

Ce 26 ans d’âge provient d’un seul et unique fût de l’ancienne distillerie désormais fermée Caroni. Le rhum a été distillé en 1991 et mis en bouteille en 2016, sans dilution (c’est un brut de fût) et sans filtration à froid.

La note de dégustation de Nico

En bref : fruité – mélasse – médicinal – équilibré – gourmand – végétal

Le nez s’ouvre immédiatement sur un joli rhum assez lourd. La touche Caroni (goudron) se présente ici sous un jour fruité. La mélasse réglissée se pare d’une teinte médicinale et camphrée, puis s’envole en vapeurs de glue infusées d’herbes aromatiques. Ce côté résineux et médicinal rappellera d’autres embouteillages de la maison. L’ensemble devient de plus en plus rond et sympathique, sans se départir d’une certaine franchise. Le pruneau à l’eau-de-vie fait un passage remarqué avant de passer à la suite.
L’aération nous donne une touche Caroni plus prégnante mais toujours gourmande et fruitée (fruits noirs, confits, eau-de-vie). Le cuir est épicé et stimulant, le nez est original mais toujours cohérent et équilibré. La marque de fabrique assez résineuse est bien appréciable, elle évoque une viande fumée au bois de pin ou au romarin.

La bouche est gourmande et décidément fruitée, avec de la pêche, de l’abricot, de la passion, de la mangue et de l’ananas, bien gouleyants. Les fruits rouges quant à eux n’ont pas subi le même traitement, ils sont réduits en un sirop concentré. Le Caroni plus minéral et huileux refait surface, avec des notes de réglisse, de zeste d’orange, puis de tapenade d’olives noires aux aromates qui lui donnent des airs de Mezcal.

La finale est médicinale et plutôt fraîche, avec un élégant et complexe noyau de cerise. On garde toujours en tête ce petit côté chartreuse tropicale.

“Toute la complexité de Caroni avec ce rhum qui ne brusque pas et qui est donc très facilement appréciable…”

En complément de notre propre note de dégustation voici les marqueurs relevés par l’embouteilleur

Nez puisant aux notes épicées, d’ananas Victoria, de pêche blanche et de cacahuètes ; la bouche offre des notes empyreumatiques de pain grillé et de caramel ; finale fumée élégante et très longue.

Caroni

Fondée en 1918, Caroni est une distillerie qui appartenait à l’État de Trinité-et-Tobago, une petite île des Antilles aux fort accent britannique. Jusqu’en 1993, elle tourne à plein régime pour produire des « heavy rums » typiques des îles anglophones. La distillerie sort alors des bouteilles sous différentes marques, et plus rarement sous la marque Caroni à destination des grands amateurs.

En 2002, le gouvernement du petit état antillais décide de mettre un terme aux activités de la distillerie, laissant un énorme stock conservé dans de nombreux fûts de chêne, pour le plus grand bonheur des passionnés.
En octobre 2008, la distillerie possédait encore environ 5 300 fûts de rhum vieux. Mais ces stocks, très convoités, fondent comme neige au soleil, rachetés par des maisons de négoce tels que A.D. Rattray, Velier et Silver Seal...

Les rhums Caroni présents sur le marché sont aujourd’hui des raretés convoitées.

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

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