Compagnie des Indes Jamaïque 7 ans Worthy Park 43°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

43

Âge

++

Millésime

2007

Packaging

Étui

Profil

Fruits, Rond, Végétal

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Particularité

Single cask

Échantillon 5 cl :

Rupture définitive

Bouteille :

Rupture définitive

Tout comme la version non réduite, Compagnie des Indes Jamaïque 7 ans est un rhum traditionnel de type anglais qui provient de la distillerie Worthy Park.

Le rhum a été d’abord distillé en alambic à double retors en décembre 2007. Le distillat qui en ressort fait 85°.
Il a ensuite vieilli sur place dans un fût unique ayant précédemment accueilli du bourbon.
Il a enfin été envoyé en France, 4 ans plus tard, pour vieillir sous des latitudes plus tempérées et pour y être réduit et embouteillé à 43°.

La note de dégustation de Nico

Au nez, on a envie de se dire que décidément Worthy Park ne déçoit jamais. C’est très rond, avec une banane bien corpulente et une petite résine bien aromatique. Nous avons aussi un côté brioché, avec de la levure, de la pâte d’amande ou encore du tabac blond à la fois frais et bien gras. Les fruits exotiques bien mûrs se succèdent avant qu’une poire un peu granuleuse ne se détache, aussitôt engloutie par une banane imposante à la peau noire, voire séchée. Nul besoin de vous faire un dessin, tout ceci est très gourmand !
L’aération ne modifie pas spécialement le profil de ce rhum plutôt monolithique qui propose des variations sur le thème de la banane. Cette dernière se fait successivement bonbon, crémeuse (une crème à la banane étalée sur une tranche de brioche. Si cela n’existe pas il faut vite l’inventer !) ou caramélisée. La cerise et son noyau ainsi que la poire apportent une certaine tenue, tout comme les fruits cuits, jaunes, blancs et rouges. Le végétal ressort de moins en moins, c’est somme toute assez simple mais terriblement séducteur.

L’entrée en bouche est gourmande mais pas sucrée, la banane charnue repose dans une eau-de-vie de poire ou de noyau de cerise. La pâte d’amande est elle-aussi bien passée du nez à la bouche, et l’amaretto est bien crémeux. Le boisé fait enfin une apparition, avec des notes de coco puis de mélasse.

La finale profitera de cette ouverture sur la mélasse pour en tirer le meilleur : de la réglisse et des aiguilles de pin.

“Cette sélection montre un côté extrêmement gourmand de la Jamaïque, où coexistent d’autres rhums beaucoup plus explosifs et brutaux. Dans les deux cas, on voit que cette île a le secret pour faire naître des arômes à profusion…”

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

Worthy Park

Worthy Park est la plus ancienne distillerie de la Jamaïque.

Le terrain où elle fut bâtie appartenait au Lieutenant Francis Price, un militaire qui avait su si bien servir Cromwell que ce dernier lui en fit don. La distillerie commença à produire du rhum à partir de 1741, à raison de 3 000 gallons enregistrés cette année-là. Entre 1879 et 1899, Worthy Park écoula plus de rhum que de sucre, dont la Jamaïque était le premier fournisseur au monde.

La distillerie ferma dans les années 1950, suite à une entente avec la Spirits Pool Association, afin de décélérer la surproduction de rhum jamaïcain.
Elle a rouvert en 2005, concevant pour son propre compte divers produits comme le Rum-Bar, le Worthy Gold, le Rum-Bar Rum Cream et le Rum-Bar Vodka qui obtiennent désormais un grand succès.
L’usine s’est considérablement modernisée et s'est notamment équipée de l’un des rares alambics automatisés au monde pouvant produire jusqu’à 4 000 litres de rhum par jour et disposant d’un système de surveillance du processus de distillation.

Depuis 1670, trois propriétaires se sont succédés dans l’exploitation du domaine, dont la famille Clarke qui l’acquit en 1918 et reste, à ce jour, la dépositaire du secret de fabrication des spiritueux qui y sont produits.

Désormais prospère, Worthy Park exporte en gros du rhum léger, medium ou lourd, par le biais de containers pouvant renfermer jusqu’à 25 000 litres.
Appartenant à l’identité historique et culturelle de la Jamaïque, Worthy Park est devenu un lieu de passage populaire pour les touristes venus du monde entier.

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