Compagnie des Indes Jamaïque Clarendon Brut de Fût 11 ans 55°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

55

Âge

++

Millésime

2007

Packaging

Étui

Genre

Rhum, Rhum de tradition anglaise (Rum), Rhum traditionnel de mélasse

Particularité

Brut de fût

Profil

Fleurs, Frais, Fruits, Médicinal, Pâtissier

83.90  Bouteille :

En stock

8.89  Échantillon 5 cl :

En stock

Compagnie des Indes Jamaïque Clarendon Brut de Fût 11 ans 55° : Description et avis clients

Ce 11 ans d’âge provient de la distillerie Clarendon, plus connue sous le nom de Monymusk et rattachée à New Yarmouth, l’usine sucrière qui lui fournit la mélasse. Elle est située au Sud de la Jamaïque et produit à la fois des rhums lourds distillés en pot still après une longue fermentation (2 à 4 semaines), et des rhums légers distillés dans des colonnes (après une fermentation de 2 jours environ).

Il s’agit ici d’un millésime, issu de la production de l’année 2007. Chaque bouteille est numérotée.

Cette version non réduite à 55° est réservée aux amateurs avertis !

La note de dégustation de Nico

Au nez, voici une facette peu commune du rhum jamaïcain, avec un fruité frais, comme une salade de fruits au sirop. On pourrait presque croire à un rhum de pur jus de canne, avec une certaine légèreté florale et végétale, puis une fraîcheur de zestes d’agrumes. Le profil aromatique est léger, le fruité se resserre sur un nectar de poire assez fluide, avant de s’envoler en notes de Calvados. Le boisé est vert et frais, un peu mentholé et médicinal, avec quelques touches d’amande douce.

La fine pellicule qui se dépose sur le bord du verre, lorsque l’on tourne délicatement le rhum, permet d’accéder à davantage de profondeur. On tutoie alors un boisé joliment épicé, plutôt délicat et toujours végétal. Le Calvados prend des airs pâtissiers, comme dans une tarte normande, et tout devient plus gourmand. Ces quelques minutes d’aération ont donné au rhum une belle épaisseur, sans lourdeur.

La bouche contraste de par la chaleur qu’elle propose, tout en conservant un profil aromatique relativement léger. Un petit fumé entame un milieu de bouche très whisky, avec de la banane fraîche, du melon, de la mirabelle et une sensation un peu cuivrée. Le côté végétal est un peu poivré, mais surtout son aspect médicinal a maintenant quelque chose de confit.

La finale se poursuit sur des fruits confits relevés de poivres exotiques allant jusqu’au Sechuan, puis le rhum s’éteint sur la douceur de la vanille.

“Un jamaïcain étonnant au profil très fruité, mettant l’accent sur des notes plutôt légères. On a pas forcément envie de gros rhums lourds tous les jours et celui-ci est une jolie alternative…”

La Compagnie Des Indes a choisi de sortir ce rhum en deux versions : l’une réduite à 43%, et l’autre embouteillée brut de fût à 55%. L’exercice est très intéressant car on perçoit clairement ce que ces deux choix peuvent apporter.

La version réduite offre un profil ample, gourmand et très fruité. Elle détaille des notes pâtissières et tous les arômes s’y trouvent arrondis.

La version brut de fût propose la même gamme d’arômes mais le profil reste plus serré et végétal.

Au final, la réduction a tendance à amener du gras et de la gourmandise, alors que l’embouteillage au degré naturel donne une impression de légèreté.

La note de dégustation de Florent Beuchet

En complément de notre note voici ce qu’en pense Florent Beuchet qui est à l’initiative de ce rhum.

“Les fleurs sont présentes dans ce rhum avec un côté crémeux et suave. Une bouche très en accord avec le nez, sur des parfums de fleurs blanches et de fruits à chair blanche, poire, pêche, des bonbons arlequin libérant un arôme tutti-frutti.
Le résultat : un rhum aux esters puissants, aux arômes qui se font désirer jusqu’en fin de bouche.”

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

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