Compagnie des Indes Boulet de canon nº6 46°

Format

,

Contenance

70 cl

Degré

46

Âge

++

Packaging

Étui

Genre

Rhum, Rhum traditionnel de mélasse

Profil

Animal, Bois, Épices douces, Fumée, Végétal

85.90  Bouteille :

En stock

9.04  Échantillon 5 cl :

En stock

Cette 6ème édition limitée de la gamme de rhum aux notes fumées “boulet de canon” a été mise sur le marché en juillet 2018. Il s’agit cette fois d’un assemblage de rhums vieux du Panama et du Nicaragua qui, en fin de parcours, ont passé 6 mois en fûts de whisky tourbé.

La mise en bouteille s’est effectuée sans filtration à froid.

La note dégustation de Nico

Au premier nez, pas de futilité ultra tourbée ou fumée, mais un rhum joliment fruité qui brille gaiement dans le verre. Le végétal entre en scène, et là la première surprise opère : on se croirait face à un Mezcal. Ce fumé caractéristique est très bien intégré au rhum. A la différence des notes très fumées provenant du fût qui parfois nuisent à l’équilibre, on sent que ce fumé est intimement lié au rhum, comme s’il avait été élaboré ainsi, d’où l’impression de parenté avec le spiritueux d’agave. On se dirige d’avantage vers le whisky lorsque des notes plus animales se présentent, puis on s’englue avec plaisir dans une résine bien collante.

Le repos laisse le fumé s’installer sans partage, et chaque nouveau contact avec le nez nous renvoie décidément du côté du Mexique et du Mezcal. Lorsque l’on réveille le rhum en le passant sur les bords du verre, on a accès à son cœur doucement fruité et épicé. Ce rhum relativement léger laisse le fût s’exprimer sans qu’il n’y ait d’affrontement, et le whisky a la politesse de ne pas tout écraser,  il compose plutôt sur cette partition délicate.

L’entrée en bouche est extrêmement douce, c’en est même assez surprenant. La sensation est très fluide et les arômes sont délicats, un peu floraux et fruités. C’est alors que l’on aperçoit la fumée qui commence à descendre de la montagne. Les végétaux alentours prennent progressivement des arômes fumés (coucou le Mezcal), puis le panache se fait de plus en plus imposant, on a l’impression que l’on va être complètement submergé, et puis finalement on s’y sent plutôt bien ! Le boisé se confond avec la fumée qui laisse peu de place au reste mais qui est tellement réjouissante. On passe du côté du barbecue pour retrouver nos herbes de Provence définitivement grillées et parfumées au jus de viande.

La finale est interminable, un peu miellée et surtout fumée bien entendu, beaucoup plus que tourbée au bout du compte.

 

« Encore une expérience réussie pour la Compagnie des Indes qui s’amuse et nous régale avec cette série, tout en progressant à chaque édition… »

 

En complément de notre note de dégustation voici ce qu’en pense en synthèse Florent Beuchet, le concepteur du rhum : au nez, délicieux arômes exotiques et fruités, qui laissent place à une touche épicée (poivre, curry) pour finir sur des notes subtilement fumées ; bouche onctueuse avec des arômes de noisettes et de pralin, un caractère végétal et charnu se précise en milieu de bouche ; finale délicatement torréfiée et fumée.

Compagnie des Indes

L’histoire de la Compagnie des Indes

La Compagnie des Indes est un embouteilleur indépendant français né en 2014 sous l’impulsion de Florent Beuchet, un jeune bourguignon issu d’une famille gravitant dans le monde du vin, et dont le père est notamment propriétaire d’une distillerie d’absinthe et d’anisé. Après avoir travaillé à New-York en tant que représentant de la marque Banks, Florent est rentré en Europe avec la passion du rhum et le projet de lancer une société de distribution, ce qui sera chose faite avec Diva Spirits.

À son retour en France, et après avoir découvert la variété des rhums grâce à l’assembleur pour qui il avait travaillé, Florent a constaté un certain formatage des rhums de mélasse. Jusqu’alors, ces derniers étaient presque uniquement représentés par la famille des « rones » d’Amérique Latine ou par des rhums artificiels. Selon lui, le potentiel des rhums de mélasse n’était pas exploité car les expressions proposées étaient souvent sucrées et/ou trop réduites.

La volonté de montrer le potentiel et la variété des rhums de mélasse s’est donc imposée, et avec elle, l’imagerie des voyages et des vieux galions. C’est ainsi que La Compagnie des Indes est née, en s’inspirant des Compagnies des Indes Orientales Portugaise, Hollandaise et Française des XVIIème et XVIIIème siècles. Ces compagnies parcouraient le monde pour rapporter des denrées rares afin de les faire découvrir à leurs pays respectifs. Elles étaient aussi les représentantes commerciales de leur pays à l’étranger, ainsi que des sources d’expansion comme en témoigne leur devise : « je fleurirai là où je serai porté ».

La Compagnie des Indes s’emploie donc à montrer toute la diversité du rhum, avec « des rhums qui ont le goût de rhum ». Elle lance d’abord des blends (assemblages) accessibles car plutôt doux, mais bien moins édulcorés que les grands noms de la tradition Espagnole, puis des fûts uniques reflétant au mieux le style de leur origine.

Elle sera notamment l’une des premières à présenter le véritable style jamaïcain (différent du style Appleton plus consensuel) aux Français, puis elle surprendra avec des « rones » puissants et intenses, aux antipodes des habitudes de l’époque.

Les rhums de La Compagnie des Indes

La gamme « de base », c’est-à-dire disponible en permanence, est composée d’assemblages tels que le Caraïbes ou le Latino, qui visent l’équilibre et l’accessibilité, tout en gardant un goût authentique de rhum. Ces assemblages sont un peu sucrés (15 g de sirop de sucre Bio par litre) afin d’être proposés à un large public. Un assemblage de rhums de Jamaïque est quant-à lui sucré à hauteur de 10g/L et introduit un style de rhum plus corsé.

Aucun autre ajout n’est effectué, que ce soit de colorant, de caramel, d’agent de texture ou d’arôme.

Puis viennent les Single Casks (fûts uniques) et les séries spéciales, des bouteilles forcément en éditions limitées. Aucun ajout n’est effectué sur les Single Casks, pas même de sucre, ces rhums sont donc totalement fidèles à leur expression d’origine. La seule opération réalisée par La Compagnie des Indes, en plus de la supervision du vieillissement, est la réduction qui vise à diluer le rhum afin d’abaisser son taux d’alcool.

Certaines cuvées sont embouteillées brut de fût, d’autres avec réduction, et parfois dans les deux versions, ce qui rend les comparatifs particulièrement intéressants.

C’est le cas par exemple de ce millésime 2005 de la distillerie Travellers du Belize, dont la version brut de fût à 66,2° et la version réduite à 43° sont bien différentes.

La pédagogie et la transparence sont également très importantes pour l’embouteilleur qui a compris très tôt que les amateurs avaient besoin d’un maximum de repères pour se diriger dans le vaste univers du rhum. Il a donc été parmi les premiers à indiquer les dates de distillation et d’embouteillage, le pays et la distillerie d’origine de ses rhums.

De plus, dans un souci d’honnêteté, l’âge indiqué est toujours celui du plus jeune rhum lorsqu’il s’agit d’un assemblage, et non du plus vieux comme cela se pratique souvent pour les rhums vieillis en solera par exemple.

Ces Single Casks nous ont permis de découvrir des destinations très peu connues à l’époque, comme l’Indonésie, Sainte-Lucie, ou même la Jamaïque. Ils ont aussi aboli quelques clichés, grâce à la puissance de ce vénézuélien, la richesse de ce panaméen ou la complexité de ce cubain. De grands rhums ont également été sélectionnés, comme ce Hampden de 24 ans d’âge ou ce Caroni 26 ans.

Enfin, un certain goût pour l’expérimentation a été à l’origine de cuvées spéciales comme la série des Boulets de Canon. Ce travail autour des arômes fumés a démarré avec un assemblage de rhums de style anglais affiné dans un fût de whisky de l’île de Skye. Le concept a été poussé un peu plus loin avec des finitions en fût de whisky tourbé de l’île d’Islay, ou encore par une réduction à l’eau infusée de thé fumé.

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